VIDÉO - Comparé à Le Pen par Gattaz, Hamon descend le patron du Medef en flammes

RIPOSTE - Lourdement critiqué par Pierre Gattaz dimanche 9 avril, le candidat socialiste a répliqué au lance-flammes au patron du Medef, qui l'avait comparé à Marine Le Pen, ce lundi. Le lendemain, ce dernier reprenait, sans revenir sur ses propos.

En conférence de presse de présentation de ses six premiers mois à l'Elysée, lundi 10 avril, le candidat du PS à la présidentielle Benoît Hamon n'a pas mâché ses mots pour évoquer Pierre Gattaz, le patron du Medef. Dans une interview du Parisien en date du 9 avril, le patron des patrons avait mis au même niveau de dangerosité les programmes économiques de Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Benoît Hamon : "C'est ruine, désespoir et désolation, pauvreté généralisée".

Il y a quelque chose de pourri à la tête du MedefBenoît Hamon

De quoi piquer au vif un Benoît Hamon, qui évoquait les états généraux du travail qu'il entendait convoquer une fois élu, "avec les partenaires sociaux et, j'espère, le successeur de monsieur Gattaz." Le festival durera deux minutes, sans guère de respiration : "J'aurais un mot à dire sur l'insulte de son interview, dimanche, au Parisien. M'associer à madame Le Pen, c'est bien la preuve qu'il y a quelque chose de pourri à la tête du Medef."


Et le candidat socialiste d'appuyer : "Qu'on ne voie pas que toutes les politiques encouragées par le Medef de recul des services publics, de suppression des postes de fonctionnaires, de démantèlement du modèle social français ont conduit à la prospérité du Front national... Qu'il s'interroge sur sa propre responsabilité !" Benoît Hamon continue, accusant Pierre Gattaz d'avoir "contribué à la ruine sociale et à la dégradation des conditions d'existence des habitants de ce pays".

Qu'ils s'interrogent sur les mensonges qu'ils ont construitsBenoît Hamon

"Si aujourd'hui, on en est arrivé à faire un signe égal entre le projet de Marine Le Pen et entre le projet de Benoît Hamon, c'est que quelque chose ne tourne plus rond dans la tête d'un certain nombre de dirigeants de ce pays. Qu'ils s'interrogent sur les mensonges qu'ils ont construits comme un discours qu'ils n'ont cessé d'égrener durant le dernier quinquennat. C'est inacceptable."


Mais le candidat frondeur n'entend pas s'arrêter là : "J'exigerai de lui des excuses. [...] Moi je ne m'autorise pas, vis-à-vis de monsieur Gattaz, des commentaires de la sorte. Pourtant, on connait l'histoire d'un certain patronat, dans d'autres pays comme en France, avec l'extrême droite." Et de terminer : "Si le patronat doit être un partenaire de la négociation sociale, monsieur Gattaz est disqualifié pour occuper ce rôle-là." Un message transmis à la direction du Medef, qui va peut-être devoir se remettre en cause si elle ne souhaite pas être boycottée, dans le cas où Benoît Hamon accéderait à l'Elysée.

Mardi 11 avril, Pierre Gattaz ne s'est pas excusé à l'endroit du candidat socialiste : au contraire, il a enfoncé le clou, ne reniant rien de sa comparaison :

"Sur le programme économique, c'est très proche : pas de vision, pas d'ambition, pas d'esprit de conquête, donc repli, rabougrissement et démotivation des forces économiques et des talents." Et le patron du Medef de pointer ce qui, selon lui, constituent "deux erreurs économiques fondamentales dans son projet : le partage du temps de travail et la hausse des dépenses publiques".

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Benoît Hamon, candidat du PS à la présidentielle

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