VIDÉO - VGE, Mitterrand, Chirac... : cultes et assassines, les répliques inoubliables des débats de l'entre-deux-tours

EN GIFS - Joutes verbales, attaques frontales, réactions maladroites... À quelques heures de la confrontation entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, les deux finalistes de l'élection présidentielle, LCI vous propose de revoir les temps forts des précédents débats présidentiels restés dans les mémoires collectives.

Ces petites phrases ont fait l'histoire des débats présidentiels. Depuis 1974, la grande confrontation de l'entre-deux-tours est un passage obligé pour les deux finalistes du scrutin suprême. À ce jour, seule l'élection de 2002, qui avait porté le FN de Jean-Marie Le Pen au second tour, a été orpheline de ces joutes verbales, souvent tendues.

En 1974, Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand inaugurent le grand débat télévisé de l'entre-deux-tours. Interrogé sur la répartition des richesses, le candidat socialiste attaque : "C'est, je dirais presque une question d'intelligence, c'est aussi une affaire de coeur". Ce à quoi VGE riposte immédiatement avec une formule qui restera dans l'histoire : "Je trouve choquant et blessant de s'arroger le monopole du coeur. Vous n'avez pas, M. Mitterrand, le monopole du coeur". Il sera élu.

Un septennat plus tard, Giscard d'Estaing et Mitterrand se retrouvent de nouveau face-à-face. Qualifié par son adversaire d’'homme lié au passé par toutes (ses) fibres" lors du débat de 1974, le futur président de la République contre-attaque et assène une formule bien sentie à son adversaire : "Vous avez tendance un peu à reprendre le refrain d'il y a sept ans. L'homme du passé. C'est quand même ennuyeux que, dans l'intervalle, vous soyez devenu l'homme du passif".  VGE ressort K.-O. Il sera battu.

En 1988, la configuration est inédite. François Mitterrand, le président sortant, et Jacques Chirac, son Premier ministre à l'époque, s'échangent les coups sans se contenir. Le locataire de Matignon multiplie les attaques frontales et cherche notamment à "casser" la stature présidentielle du candidat socialiste. "Ce soir, vous n'êtes pas le président de la République, nous sommes deux candidats à égalité (...), vous me permettrez donc de vous appeler M. Mitterrand", lance-t-il. "Mais vous avez tout à fait raison, M. le Premier ministre", lui rétorque François Mitterrand. Fin de la partie. Mitterrand sera réélu haut la main.

Sept ans plus tard, le débat entre Jacques Chirac et Lionel Jospin est sans saveur. Des deux heures d'échanges, seule une petite phrase ressort. Interpellé sur le quinquennat, une réforme qu'il souhaite ardemment, le chef de file du PS se lance à l'assaut de son adversaire politique : "Il vaut mieux cinq ans avec Jospin que sept ans avec Jacques Chirac". Face à lui, le candidat du RPR rit à gorge déployée. Ce dernier, favori de l'élection, accède quelques jours après à l'Élysée.

La grande messe de 2002 passée à la trappe puisque Chirac ne souhaite pas débattre avec Jean-Marie Le Pen, le débat de 2007 oppose Ségolène Royal, en difficulté dans les sondages, à Nicolas Sarkozy, quasiment sûr d'être élu. Les deux finalistes s'écharpent sur le sujet des handicapés, échange tendu lors duquel la candidate socialiste perd son sang-froid. "Calmez-vous et ne me montrez pas du doigt avec cet index pointé", se défend Sarkozy. "Non, je ne me calmerai pas !", répond-elle. "Il y a des colères que j'aurai même quand je serai présidente de la République". Cette colère froide l'éloigne définitivement du palais présidentiel.

L'anaphore a marqué le débat de l'entre-deux-tours en mai 2012. Face à Nicolas Sarkozy, François Hollande répéte à quinze reprises la tirade pour égrèner les principes moraux qui guideront son action de chef de l'État. En creux, l'ancien patron du PS dénonce les méthodes de son adversaire. Le président sortant décide de ne pas l'interrompre. Mauvais calcul. 

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