VIDÉO - "Juifs, voleurs, assassins !" Gilbert Collard déforme un slogan pour accuser d'antisémitisme des manifestants anti-Le Pen

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Marine Le Pen perd la présidentielle

INTOX - Dimanche 16 avril, le député Rassemblement bleu marine a repris une vidéo dont la retranscription laissait entendre que les manifestants filmés, opposés au meeting de Marine Le Pen du lendemain dans le XIXe arrondissement de Paris, scandaient un slogan antisémite.

Lundi 17 avril, la candidate du Front national à la présidentielle Marine Le Pen tiendra un meeting au Zénith dans le XIXe arrondissement de Paris, espérant réunir 6.000 personnes. Une initiative qui a fait réagir, dans cet arrondissement du nord-est de Paris, traditionnellement ancré à gauche. Ce qui a eu pour résultat de faire sortir quelques centaines de manifestants, entre Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) et le parc de La Villette, où est nichée la salle de spectacle. Une initiative à laquelle prenaient notamment part plusieurs organismes de la gauche radicale, dont le NPA et le collectif "Action antifasciste Paris-banlieue". 

Détournement de slogan

C'est en rejoignant la mairie du XIXe arrondissement, en prenant la rue Manin, qu'un slogan clamé par les manifestants a été capté par quelques smartphones. L'un d'entre eux, qui se décrit comme "militant sioniste" sur son profil Twitter, a cru entendre les mots "Juifs, voleurs, assassins !".

Une interprétation très rapidement démentie, à la fois par des internautes en commentaire du tweet, mais aussi par des journalistes et manifestants sur place, racontent Le Lab et le Huffington Post, qui assurent avoir entendu : "Flics : violeurs, assassins !". Ce qu'une écoute attentive de la vidéo permet de confirmer.

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Ces démentis n'ont pas empêché le député proche du Front national Gilbert Collard de reprendre les éléments de la vidéo pour en faire un argument contre les manifestants anti-FN. "L'antiracisme pue le racisme", écrit-il notamment en commentaire.

L'affaire Théo refait irruption

Pris à partie de la même façon, le célèbre avocat prend à témoin son confrère, par ailleurs l'éditorialiste de Valeurs actuelles, Gilles-William Goldnadel, qui avait relayé lui aussi la mauvaise retranscription du slogan. Dommage pour le parlementaire, ce dernier a fini par rectifier :

Cette version-là paraissait d'autant plus réaliste du fait de la présence du collectif "Action antifasciste Paris banlieues". Très investi dans la dénonciation des violences policières, ce collectif reprend ainsi un slogan bien connu depuis l'agression dont a été victime le jeune Théo, début février 2017, à Aulnay-sous-Bois. Le jeune homme, victime d'une déchirure interne au niveau de l'anus, avait accusé des policiers de l'avoir violé avec une matraque, générant des semaines de manifestations contre les policiers.

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