VIDÉO - Le candidat Macron la joue "Rastignac" : "J'ai fait le chemin de la province à Paris"

ELECTIONS - Emmanuel Macron a annoncé ce mercredi, lors d'un déplacement à Bobigny (Seine-Saint-Denis), sa candidature à la présidentielle 2017. Lors de son discours, il a déclaré fièrement : "J'ai fait le chemin de la province à Paris". Une phrase qui n'a pas manqué de faire sourire.

Emmanuel Macron se veut libre et aime à le répéter. Cet anticonformisme revendiqué l'a poussé à s'extirper "des jeux d'appareils" en créant un "mouvement" En marche ! qui se veut "ni de droite, ni de gauche". Une fois de plus, ce mercredi, lors de son discours annonçant sa candidature à la présidentielle, il a joué à fond la carte de l'anti-système, voire de l'antiparisianisme, en déclarant fièrement : "J'ai fait le chemin de la province à Paris", une formule qui a fait sourire sur Twitter.

Une éducation bourgeoise avec un détour chez les jésuites

Et pourtant... Emmanuel Macron a passé de longues années dans les couloirs du pouvoir, empruntant la voie royale des élites. Une éducation en province, certes, mais une éducation bourgeoise avec un détour chez les jésuites. Une fois à Paris, son diplôme de Sciences-Po en poche,  prélude à celui de l'ENA (promotion Sedar-Senghor), "le jeune loup" intégre l'Inspection générale des finances, avant un lucratif passage en banque d'affaires, chez Rothschild, qui lui vaudra la détestation d'une frange de la gauche.


Et quand la presse le présente comme un technocrate, Il s’insurge : "Je ne me reconnais pas dans cette caricature. Ce n’est pas ma vie. Dès que je peux, je retourne en province, je retrouve ma famille, des amis, mes livres", avait-il raconté en octobre dans une interview au magazine Challenges

Un projet aux contours imprécis

"Macron, son plaisir c'est de jouer, c'est pas de gagner. Le jour où il aura perdu, il s'en fout, il passe à autre chose", assure un membre du gouvernement.  "Je pense qu'il a pris goût à la politique", glisse en privé François Hollande. "Après, comme il n'a pas d'expérience, il a cru qu'on pouvait surgir et bousculer toutes les règles".


A l'image d'un Donald Trump, qui a pu l'emporter outre-Atlantique sans réel programme, mais en jouant sur son succès personnel contre une Hillary Clinton qui incarnait l'establishment ? C'est à ça que pense certainement Emmanuel Macron.  Commentant justement  l'élection du président américain, il avait d’ailleurs déclaré sur BFMTV qu’elle était l'expression d’un rejet du système "profond et sous-estimé" ajoutant que "rien n'est jamais écrit à l'avance". Une façon de prêcher pour sa paroisse, à l'instar d'un Nicolas Sarkozy, figure éminente du système qu'il dénonce.


Pour l'instant, Emmanuel Macron peut se targuer d'avoir réuni presque 100.000 adhérents (sans cotisation) sur son seul nom et sur un projet aux contours encore imprécis. Mais sera-t-il ce grand rassembleur, capable de soulever des millions d'électeurs? Réponse le 7 mai 2017.

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Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle de 2017 : "Je veux faire entrer la France dans le 21ème siècle"

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