Front National : un "ordre des journalistes" pour sanctionner "les pratiques mauvaises" ?

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MÉDIAS - Sur l'antenne de LCI, un cadre du FN a annoncé que son parti voulait créer "un ordre des journalistes" pour "sanctionner les pratiques mauvaises". Une mesure qui ne figure pas dans le programme de Marine Le Pen.

Le Front national souhaite "créer un ordre des journalistes" pour "sanctionner des pratiques mauvaises", a déclaré sur l’antenne de LCI Aymeric Merlaud, conseiller régional des Pays de la Loire, déplorant notamment "des pratiques d'espionnage".


Souvent en conflit avec les médias, le FN considère qu’il ne reçoit pas le même traitement que les autres partis. De leur côté, de nombreux médias se plaignent du traitement des journalistes pendant notamment des meetings du Front National. Insultes, exfiltrations très musclées, matériels dégradés, interdiction de se rendre sur certains lieux, les exemples sont très nombreux ces derniers mois.

Un "ordre des journalistes"

"Le problème, c'est qu'en matière de journalisme, il y a un code de déontologie, mais il n'y a rien pour sanctionner", a noté le responsable FN en Maine-et-Loire. "Nous, c'est d'ailleurs pour ça qu'on souhaite créer un ordre des journalistes, un peu comme l'ordre des médecins, avec des journalistes à l'intérieur, avec des élections (...) en tout cas qui pourrait sanctionner des pratiques mauvaises", a-t-il poursuivi.


La création d'un ordre des journalistes ne figure cependant pas dans les 144 engagements de Marine Le Pen pour l'élection présidentielle. Se demandant "pourquoi" le "code de déontologie" n'était "pas respecté quand il s'agit du Front national", M. Merlaud a notamment évoqué des "pratiques d'espionnage", par exemple "quand on met des micros au-dessus des conversations privées pour écouter". "Il faut s'interroger si c'est une bonne pratique ou pas, d'écouter des conversations privées en se cachant. Moi je ne pense pas", a-t-il souligné.

Florian Philippot dément sur Twitter

"Je pense que ce n'est vraiment pas sérieux de considérer que le Front national est une menace pour le journalisme, ce n'est pas le cas", a encore insisté M. Merlaud, interrogé sur ce thème. "Marine Le Pen parle à de nombreux journalistes à travers le monde, des journalistes étrangers, des journalistes français. On agite encore le chiffon rouge comme si on était un danger pour la démocratie", a-t-il déploré. 

Les propos de ce cadre n'engagent que lui, a souligné Florian Philippot sur Twitter. "Ce n'est pas dans notre projet", a souligné le vice-président du FN.

Cette semaine, les sociétés de journalistes de près d'une trentaine de médias, dont celle de TF1, ont signé une pétition qui proteste contre la décision du Front national de "choisir les médias autorisés à suivre Marine Le Pen" et dénonce "une entrave à la liberté" d'informer.

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