VIDÉO - Les primaires, un succès en trompe-l’œil ?

MIROIR AUX ALOUETTES - Depuis le coup d'essai réussi de la primaire à gauche en 2011, les primaires remportent un franc succès. La droite vient de conduire la sienne, les Verts ont fait de même et au FN, Philippot a déclaré qu'ils ne pourraient longtemps s'y soustraire. Toutefois, derrière l'apparente unanimité, naît un reproche : celui d'être une machine à diviser.

Thierry Solère s’en félicite : la primaire de la droite est un succès. Elle a rassemblé près de 9 millions de votants sur les deux tours. François Fillon, lui, a été nommé net vainqueur du scrutin avec plus de 66% des voix. Pourtant, la réussite de ce type d’élection pourrait bien se révéler être un trompe-l’œil.

Un scrutin qui met en lumière les divisions

Censée rassembler un camp et ses électeurs derrière un même candidat, une primaire met en lumière les divisions d’un parti. Lors de leur second débat, François Fillon et Alain Juppé se sont ainsi accrochés sur plusieurs thèmes, dont celui des fonctionnaires. L’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy affirmait alors vouloir faire passer le temps de travail d ceux-ci de 35 à 39h, sans forcément les payer plus. Une mesure qualifiée d'"injuste" par le maire de Bordeaux qui a d'ailleurs pris le pari que cela ne se ferait pas.

En 2011, François Hollande et Martine Aubry avaient également eu un vif échange sur la "règle d’or" constitutionnelle sur l'équilibre budgétaire. Un désaccord qui avait donné lieu au fameux "quand c'est flou, il y a un loup". Une remarque qui avait fait le bonheur de la droite qui l'avait reprise à l'envi. 

Une synthèse favorisée... Mais pas une ligne claire

En élisant un "chef de file" du parti pour la course à l’Élysée, un camp favorise la synthèse de ses idées. D’ici le lancement officiel de la campagne présidentielle, François Fillon va par exemple retravailler son programme afin qu’il rassemble le plus possible. Pour autant, ce regroupement en surface n’efface pas les divergences existantes et l’apparition de fondeurs. "François Fillon aura une majorité parlementaire hétérogène et aura du mal, tout comme François Hollande avec ses frondeurs, à mettre en place son programme", commente Emmanuel Macron dans le Journal du Dimanche. Une remarque qui fait écho à la situation connue par le Président une fois élu en 2012 avec, pour ministres, d'anciens candidats à la primaire - Arnaud Montebourg, Benoit Hamon, Manuel Valls - portant d'autres lignes que la sienne. 

Les candidatures externes favorisées

Tout comme Jean-Luc Mélenchon et Sylvia Pinel, Emmanuel Macron refuse de se joindre à la primaire de la gauche, prévue en janvier. Selon lui, le scrutin divise. "Le débat entre Martine Aubry et François Hollande a-t-il été tranché par la primaire ? Non", poursuit Emmanuel Macron dans son interview. Une candidature en dehors des primaires permet par ailleurs aux politiques de se démarquer.

L'élimination des favoris permise

D’autre part, le vainqueur d’une primaire n’est pas toujours celui qui apparaissait comme le favori. Les Français ont donc assisté successivement à l’élimination de Cécile Duflot pour les Verts, de Nicolas Sarkozy puis d’Alain Juppé pour la droite. "Ça peut être une machine à éliminer", avertit ainsi le politologue Stéphane Rozès. Des inconvénients qui ne semblent refroidir les ardeurs des politiques puisque, avec Manuel Valls, la primaire à gauche compte déjà huit candidats déclarés. 

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