Municipales : enquête sur les listes communautaires en lice pour le scrutin

Municipales : enquête sur les listes communautaires en lice pour le scrutin

POLITIQUE - Notre équipe s'est intéressée aux listes communautaires qui participeront aux élections municipales de cette année. Elle a enquêté sur l'Union des démocrates musulmans français (UDMF) en lice à Joué-lès-Tours, en Indre-et-Loire.

Cinq candidats s'affrontent dimanche 15 mars 2020 pour la mairie de Joué-Lès-Tours. Parmi eux, Drice Benama, candidat de l’UDMF, l'Union des démocrates musulmans français, créée en 2012. Mais à droite comme à gauche la classe politique dénonce un parti communautaire. "Ici, on a décidé de prendre notre destin électoral en main et de s’organiser. La république et notre démocratie nous permet cela, tant mieux !" se défend le candidat. 

 

Alors qu'il présentait son programme au centre socio-culturel de la ville, Drice Benama a pu compter sur le soutien de Nagib Azergui, le fondateur et président de l'UDMF. "Il n’est pas normal que dans une société comme la nôtre le mot musulman suscite autant de peur", déclare le président de l'UDMF, "on n’est pas là pour faire la promotion de l’islam. Nous ne sommes pas du tout des muftis ou des imams. Nous sommes un parti républicain, démocrate". À l’échelle nationale l’UDMF réalise des scores anecdotiques : 0,13% aux dernières élections européennes. Si le parti occupe une place mineure dans la classe politique, le sujet demeure sensible. 

À Joué-Lès-Tours, la liste du maire sortant préfère ne pas s'exprimer sur cette liste et renvoie à la préfecture qui a validé la candidature. "C’est une liste comme une autre qui a droit de cité à Joué-Lès-Tours comme ailleurs", affirme de son côté Laurence Hervé, tête de liste LaREM pour la mairie, "on ne peut pas dire tout d’un coup qu’il y a des citoyens qui ont le droit et d’autres pas".

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Des listes pas interdites mais encadrées par la loi

Le ministère de l'Intérieur a recensé 10 listes communautaires en France pour ces élections municipales sur un total de plus de 20.000 listes. Un nombre infime, mais qui inquiétait il y a plusieurs mois déjà le sénateur LR Bruno Retailleau qui avait alors appelé à prohiber "sous contrôle du juge administratif les candidatures et la propagande électorale communautariste".

La loi n'interdit pas les partis à caractère confessionnel mais les encadre : s'il y a incitation à la haine, négationnisme ou diffamation alors le parti qui les profère peut être dissous. En 2010, le NPA (Nouveau parti anticapitaliste) avait présenté aux élections régionales une femme voilée aux élections régionales, un choix contesté à l'époque. Saisi, le Conseil d'État avait alors statué que "la circonstance qu'un candidat à une élection affiche son appartenance à une religion est sans incidence sur la liberté de choix des électeurs".

Sur la question du port de signes religieux, cette fois-ci concernant les députés et donc élus, un article du règlement de l'Assemblée nationale dispose que dans l'hémicycle "la tenue vestimentaire adoptée par les députés dans l’hémicycle doit rester neutre et s’apparenter à une tenue de ville. Elle ne saurait être le prétexte à la manifestation de l’expression d’une quelconque opinion : est ainsi notamment prohibé le port de tout signe religieux ostensible, d’un uniforme, de logos ou messages commerciaux ou de slogans de nature politique. Il est interdit de téléphoner à l’intérieur de l’hémicycle". De même, les élus ont une obligation de neutralité à respecter lors de l'exercice de service public comme par exemple lorsqu'un mariage est célébré dans une mairie. 

De son côté l'UMDF se positionne, et le revendique, comme l'équivalent musulman du Parti chrétien-démocrate de Jean-Frédéric Poisson et dont Christine Boutin est la président d'honneur.  "Chrétien démocrate ça existe! Mais on ne leur pose pas les mêmes questions que nous, pourquoi ?", s'interroge Drice Benama.

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