VIDÉO - Pour l’acteur Franck de Lapersonne, "Mélenchon est un visionnaire, mais Le Pen a des solutions"

PORTRAIT - On l’a encore vu chauffer la salle du Zénith de Paris ce lundi. A 53 ans, l’acteur Franck de Lapersonne est le soutien people inattendu de Marine Le Pen. Lors des prochaines élections législatives, il portera les couleurs du Front National dans la Somme, face au réalisateur de "Merci Patron !", François Ruffin… LCI.fr l’a rencontré.

Il se définit lui-même comme un "patriote de gauche". Longtemps Franck de Lapersonne a voté à gauche. Pas plus tard qu’en 2012, c’est un bulletin François Hollande que l’ancien présentateur de "Sexy Zap" sur M6, et pilier de la série "Palace", a glissé dans l’urne. D’où la surprise de le découvrir, début février, sur la scène d’un meeting de Marine Le Pen, à Lyon. Devant la candidate du Front National, celui qui jouait il y a peu un curé raciste dans la comédie Case Départ va prendre la défense de la culture française face à une mondialisation sauvage. Et prononcer cette punchline qui lui vaudra une standing ovation : "Victor Hugo n’a pas appris l’arabe à l’école, ça me fait plaisir de le savoir !". 


Ce lundi, à quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle, cet ancien élève de Michel Bouquet au Conservatoire national d’art dramatique a chauffé le Zénith de Paris pour la patronne du Rassemblement Bleu Marine. Et ce n’est qu’un début puisqu’il a été investi par le FN pour les prochaines élections législatives dans la Somme. Où il aura parmi ses adversaires un certain François Ruffin, le réalisateur documentaire Merci Patron !, primé aux César 2017. "J’ai voté pour lui", souffle Franck de Lapersonne qui savoure, à 53 ans, sa nouvelle carrière. Et évoque sans rougir son changement de crèmerie.

Quand tout à coup Monsieur Macron est arrivé sur le marché, ce très joli produit du système financier, je me suis dit trop c’est tropFranck de Lapersonne

"Comme beaucoup de Français, j’ai été patient. Monsieur Hollande nous a expliqué que son ennemi, c’était la finance… On a vu le résultat ! Alors quand tout à coup Monsieur Macron est arrivé sur le marché, ce très joli produit du système financier, je me suis dit trop c’est trop." Avec un tel discours, on l'aurait bien vu rejoindre un certain candidat "insoumis". Mais c’est bel et bien Marine Le Pen qui a ses faveurs. "Comme beaucoup de gens autour de moi, je pense que Mélenchon a le bon discours, la bonne analyse. Je pense que c’est un visionnaire. Mais il est temps d’apporter des réponses dans le présent. Et Marine a des solutions immédiates à beaucoup de problèmes des Français." 


C’est par l’intermédiaire du vice-président du Front National Florian Philippot, qu’il a croisé dans un café du VIIe arrondissement, près de chez lui, que le comédien va rencontrer la candidate, début janvier. Tout de suite, c’est le coup de foudre. "On a passé deux heures formidables à parler de tous les sujets. On a abordé notamment les problèmes des artistes qui la préoccupent et elle m’a demandé de réfléchir à des solutions pour y répondre", raconte Franck de Lapersonne, qu’on a pu depuis apercevoir derrière la candidate lors de plusieurs interventions télé, dont le Grand Débat sur TF1. Quand il ne tournait pas une vidéo un brin surréaliste sur la chaîne Youtube de son fidèle lieutenant…

A l’évocation de l’héritage de Jean-Marie Le Pen, et de l’image sulfureuse du parti dont sa fille a pris les commandes, l’acteur élude rapidement. "On essaie toujours de la comparer avec des périodes plus anciennes… Mais elle apporte les bonnes réponses. Surtout, elle veut faire !", insiste-t-il en tapant du poing sur la table. De la même manière il affirme ne pas se reconnaître dans la description que font les médias de ceux dont il portera les couleurs aux prochaines élections législatives. Sinon qu’il s’agit de gens "courageux" qui se sont "battus pour défendre leurs valeurs."


Ministre de la Santé dans Palais Royal de Valérie Lemercier, directeur financier véreux dans la série Les Vivants et les morts, nostalgique du colonialisme dans Le crocodile du Botswanga… Ce comédien a la filmo bien remplie a-t-il pris un risque pour sa carrière ? "Je vous le dirais si on me repropose un jour un rôle", ironise-t-il, citant, sans le nommer, un célèbre réalisateur qui aurait promis de ne plus jamais le faire tourner. "Ces gens-là, je leur ai posé la question à travers mon engagement : la culture française, on en fait quoi ? On la jette ou on la garde ? De ce point de vue, j’ai déjà gagné mon pari. Et ils vont bien devoir y répondre."

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