VIDÉO - Julien Dray : Mélenchon, "ce n'est pas le Bolchevik qui revient avec le couteau entre les dents"

ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2019
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OEIL DE MOSCOU - Invité de LCI, lundi 17 avril, Julien Dray, soutien de Benoît Hamon, a tenu à mettre un peu d'eau dans le vin très rouge des critiques adressées à Jean-Luc Mélenchon. "Il n'y a pas d'images d'Epinal à brandir".

Entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, le pacte de non-agression continue d'être respecté. Pas question d'avoir un mot plus haut que l'autre entre les deux candidats et leurs équipes, même s'il est arrivé que la règle ne soit pas toujours respectée. Ce dont témoigne sans doute le commentaire apporté par Julien Dray, proche de Benoît Hamon, lundi 17 avril sur LCI.

Le funeste souvenir de Tsipras

Interrogé sur la possible arrivée au pouvoir de Jean-Luc Mélenchon et sur la peur que pourrait inspirer cette perspective, le conseiller régional d'Ile-de-France a aussitôt calmé le jeu, s'éloignant du même coup des attaques prononcées par Emmanuel Macron et François Fillon contre le programme "communiste" de Jean-Luc Mélenchon : "Non, ça ne me fait pas peur, c'est une réalité qui existe, dans les sondages en tout cas. Après, il n'y a pas d'image d'Epinal à brandir, en pensant que c'est le Bolchevik qui revient avec le couteau entre les dents, le communisme qui revient... "


Un sens de la mesure qui n'empêche pas Julien Dray d'avoir le sens de la critique : "C'est une gauche radicale. Et la gauche radicale, elle a eu des moments où elle a été très forte, où elle a été plébiscitée. La dernière fois, c'était en Grèce avec Alexis Tsipras, et on a vu ce que ça a donné." Une référence à l'arrivée de Syriza. Emmené au pouvoir pour lutter contre la cure d'austérité imposée à la Grèce par la Commission européenne, le FMI et la BCE, le Parti de gauche radicale a tenté de renégocier les termes du remboursement de sa dette auprès de ces trois instances, mais n'a pas pu inverser la politique de rigueur budgétaire imposée à son pays.

"C'était un grand moment d'exaltation, conclut Julien Dray, continuant son parallèle. Puis après, il y a l'exercice du pouvoir, la confrontation avec la réalité. Ce n'est pas que la gauche radicale ne sait pas gouverner, c'est qu'elle fait face à un certain nombre de contraintes. Ce n'est pas qu'il faut s'y soumettre, mais il faut aussi faire avec."


Une façon de dire que la sortie des traités prônée par Jean-Luc Mélenchon ne lui paraît pas bien réaliste, en comparaison avec la démocratisation de la zone euro prônée par Benoît Hamon. "Quand on fait abstraction de ces contraintes, la banque centrale européenne, l'euro... on est vite rattrapé par cette réalité. Après, il y a deux solutions : soit c'est une fuite en avant dans la rupture qui conduit à des excès, soit c'est un recul puis une déception." En Grèce, Alexis Tsipras a fini par accepter, en 2015, à contre-coeur, la cure d'austérité imposée par la troïka. Une cure qui s'est prolongée en février, alors que la Grèce croule toujours sous les dettes et que son économie souffre tant et plus de l'austérité.

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