VIDÉO - Quand Hamon résume sa rivalité avec Valls à "une petite histoire avec le pays catalan"

VIDÉO - Quand Hamon résume sa rivalité avec Valls à "une petite histoire avec le pays catalan"

RÉPLIQUE - En déplacement dans l'Hérault, Benoît Hamon a évoqué dans un sourire sa "petite histoire" avec l'ex-Premier ministre. Laquelle, à bien y regarder, n'a pas grand chose de "petit".

Moins de deux jours après l'annonce de Manuel Valls qui continue encore de faire trembler le PS et faire couler de l'encre, Benoît Hamon est reparti en campagne. Il était ce jeudi dans l'Hérault, où il notamment été en visite à Béziers, ancienne terre socialiste gagnée par l'extrême droite en 2014, et qui cumule depuis, avec son maire Robert Ménard, soutenu par le Front national, les polémiques, et où le candidat socialiste s'est inquiété d'une "banalisation de la parole raciste et discriminatoire".

La journée se concluait en meeting à Montpellier, devant 3500 personnes, selon les organisateurs. L'occasion pour le champion du PS, de faire un clin d'oeil à son ancien rival de la primaire organisée par le PS, dans son introduction. En saluant "tous les drapeaux de l'Occitanie", le député des Yvelines ne peut s'empêcher de voir s'agiter quelques drapeaux catalans : "Je peux pas les rater, ils sont partout." 

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Une "petite histoire" plutôt longue

Et Benoît Hamon de faire une allusion dans le sourire aux tensions qui animent sa relation avec Manuel Valls : "La vérité, c'est que j'ai une petite histoire avec le pays catalan donc vous ne m'en voudrez pas." Difficile de ne pas y voir une référence feutrée à l'ex-Premier ministre. Ce dernier est en effet originaire de Catalogne, grand fan du FC Barcelone, comme il manque rarement de le rappeler.

 La "petite histoire", pour rappel, est celle de deux anciens collègues ministres, incarnant l'un et l'autre une aile du Parti socialiste. Ils avaient ensuite conclu, en compagnie d'Arnaud Montebourg, un pacte où ce dernier et Hamon soutiendraient Valls dans son accession à Matignon, en contrepartie de quoi ce dernier pèserait pour infléchir le tournant libéral opéré par le gouvernement en matière d'économie. Faute d'inflexion, Hamon critiquera le gouvernement sans détour et sera prié de le quitter, à la fin de l'été 2014. En conséquence de quoi, il rejoindra les frondeurs, ces députés qui contestèrent pied à pied les décisions économiques du gouvernement Valls, notamment la loi Travail, jusqu'à tenter de dépser une motion de censure contre ce dernier.

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La "conviction" contre "l'aventure personnelle"

Au bout du compte, l'un comme l'autre finirent par se défier lors de la primaire devant désigner le représentant du Parti socialiste à la présidentielle. Benoît Hamon en sortit large vainqueur, au bout d'une campagne où il ne ménagea pas ses coups contre son ancien patron, ce dernier reprochant au frondeur sa souplesse en matière de laïcité. La "petite histoire" se termine le 28 mars où, après des semaines de "teasing", Manuel Valls annonce finalement qu'il renonce à son engagement et fait savoir qu'il votera Emmanuel Macron au premier our de la présidentielle.

Une pas si "petite histoire", donc, que Benoît Hamon a tenu à relativiser à Montpellier, dans une dernière pique : "Dans une famille politique, ce sont dans des moments peut-être un peu plus difficiles qu'on mesure le tempérament de ceux qui sont entrés en politique non pas pour une aventure personnelle mais par conviction." C'en était fini pour Manuel Valls, que Benoît Hamon demanda à ne pas siffler. Les autres attaques du meeting furent notamment consacrées à Marine Le Pen et François Fillon, qui "font honte à la France".

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