VIDÉO - "Vouloir se passer du temps de la négociation, c'est dangereux..." : la menace voilée de Philippe Martinez (CGT) à Emmanuel Macron

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ATTENTION - Alors qu'il rencontrait les partenaires sociaux pour leur exposer sa réforme du code du travail, mardi 23 mai, Emmanuel Macron a reçu un avertissement de la part du patron de la CGT, Philippe Martinez.

Le secrétaire national de la Confédération générale du travail (CGT) Philippe Martinez est venu rendre visite à Emmanuel Macron, mardi 23 mai, dans le cadre des entretiens organisés par l'Elysée avec les partenaires sociaux. Objectif de la journée : l'échange, alors que se profile la réforme du code du travail par ordonnances, une méthode privilégiée par l'exécutif pour "aller vite" sur le sujet, mais qui nécessite l'autorisation votée de l'Assemblée nationale... et de passer outre un éventuel conflit social.

Une volonté d'appuyer sur l'accélérateur de la part de l'exécutif, échaudé par le conflit social né de la contestation de la loi Travail portée par Myriam El Khomri au printemps 2016, mais qui se heurte au scepticisme des organisations syndicales. Au premier rang desquelles on retrouve la CGT, en pointe lors de la contestation de l'an passé. A sa sortie de son entretien avec le président de la République, Philippe Martinez tenait d'ailleurs un discours pour le moins serein, alors que le gouvernement entend entériner l'inversion de la hiérarchie des normes, qui offre aux négociations d'entreprise plus de place qu'à la loi, sans garantir que le résultat ne soit pas défavorable aux salariés.


"Le calendrier a l'air d'avoir bougé, s'est satisfait le leader syndical. L'échéance de fin août ou du 1er septembre a l'air plus floue, ce qui est plutôt une bonne chose". En effet, le patron du syndicat s'était hérissé, à l'instar des autres centrales syndicales, à propos de la volonté gouvernementale de boucler la réforme cet été pour la mettre en application à la rentrée.


Ce qui ne va pas tellement dans le sens des préconisations du Medef, le syndicat patronal, et des récentes déclarations du gouvernement. "Sur la réforme du code du travail, il faudra aller vite", avait ainsi annoncé Edouard Philippe au JDD le 21 mai.

Quand les salariés reviennent de vacances, ils sont en pleine formePhilippe Martinez

A quoi Philippe Martinez a répondu : "Vouloir se passer du temps de la négociation sur des sujets aussi importants, c'est dangereux, je l'ai dit au Président." Et de prévenir, si jamais le gouvernement passait sa réforme en vitesse cet été : "Ce n'est pas parce que les salariés sont en vacances qu'ils ne peuvent pas agir. Et en général, quand ils reviennent de vacances, ils sont en pleine forme, même."


Une déclaration qui venait après que le porte-parole du gouvernement, le secrétaire d'Etat aux Relations parlementaires Christophe Castaner, avait dit, ce mardi sur France 2 : "On n'a pas le droit de bloquer la France quand on n'est pas d'accord avec telle ou telle mesure, surtout quand elle était au cœur du projet présidentiel d'Emmanuel Macron." Rappel d'un printemps 2016 où de nombreux salariés en grève avaient bloqué des raffineries, entraînant une période de restriction aux pompes à essence. Réponse sèche de Philippe Martinez : "Un ministre, il dit ce qu'il veut. Les salariés, ils font ce qu'ils veulent"

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