VIDÉO - Richard Ferrand persiste et signe : il ne démissionnera pas

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MORALISATION - Le ministre de la Cohésion des Territoires a réaffirmé sur France Inter, mercredi 31 mai, qu'il ne démissionnerait pas de son poste, alors que les appels se multiplient pour son retrait des responsabilités, le temps que l'affaire soit traitée.

Empêtré dans les révélations sur sa gestion de certaines affaires immobilières du temps où il était directeur des Mutuelles de Bretagne, et au milieu des appels à sa démission, le ministre de la Cohésion des Territoires Richard Ferrand est resté droit dans ses bottes, mercredi 31 mai sur France Inter. Il a exclu de démissionner de ses fonctions : "J'ai ma conscience pour moi" et "je ne suis pas mis en cause par la justice".

Pas d'enquête pour le moment

Surtout, le ministre en a profité pour faire plusieurs mises au point, en ménageant justifications et dénégations. "Je ne suis pas un faux-cul. Je sais qu'il faut répondre aux questions des Françaises et des Français, je suis là pour ça. [...] Les journalistes posent des questions. J'ai répondu à toutes, du Canard enchaîné ou du Monde. Les Français se posent des questions, je suis là pour y répondre. Il est normal que des comptes puissent être demandés, il faut être lucide."


Le député, premier socialiste à avoir rejoint Emmanuel Macron, a à de nombreuses reprises appelé à laisser travailler la justice : "Il n'y a que la justice qui puisse lever le soupçon, quand elle soupçonne, elle mène des enquêtes et elle juge. Il faut respecter la liberté de la presse, fondamentale, mais aussi la souveraineté de la justice et la souveraineté du suffrage universel." Sans oublier de rappeler que "les procureurs" n'avaient pas mis en cause sa gestion, dans une référence à l'absence d'ouverture d'enquête par le parquet de Brest et le parquet national financier.

"J'ai fourni toutes les pièces"

Richard Ferrand est également revenu sur le fond de l'affaire. Pour mémoire, Le Canard enchaîné a révélé, le 24 mai, qu'il avait procédé, en 2011, alors qu'il dirigeait Les Mutuelles de Bretagne, à une opération immobilière qui a favorisé sa compagne. Alors que le Premier ministre lui avait renouvelé sa confiance la veille, tout en soulignant "l'exaspération des Français" face à de telles affaires. Richard Ferrand s'est employé à se justifier : "J'ai fourni toutes les pièces, tous les éléments de réponses. [...] Tout ce que j'ai fait dans ma vie professionnelle est légal, public, transparent."

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Et d'utiliser une défense qui n'est pas sans rappeler celle employée par le camp Fillon en pleine campagne présidentielle, face aux accusations concernant les emplois présumés fictifs de sa femme et de ses enfants : "On met en cause des choses qui datent de 2009, 2010, 2011, qui font qu'aujourd'hui, nous sommes dans une autre temporalité, je suis dans une autre fonction. On essaye en contradiction des faits et une époque avec une autre fonction et une autre époque". En mars dernier, François Fillon s'expliquait comme suit, relève Marianne, devant l'emploi des membres de sa famille : "Tout cela était légal. Suis-je pour autant quitte sur le plan moral ? [...] Ce qui était acceptable hier, à défaut d'être accepté, ne l'est plus aujourd'hui. J'ai privilégié cette collaboration de confiance qui aujourd'hui suscite la défiance. C'était une erreur."

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