"Vous êtes un produit du système" : interpellé par un passant, Macron se défend d'avoir "la tête d'un moule"

ANTI-SYSTÈME - En déplacement à Clermont-Ferrand, Emmanuel Macron s'est fait interpeller samedi par un passant. Bien que le candidat à la présidentielle se présente comme "anti-système", l'homme lui a clairement rappelé qu'il en était un pur "produit".

L'image "hors-système" d'Emmanuel Macron, certains électeurs ont un peu de mal à la trouver crédible... et ils n'hésitent pas à le lui dire. En milieu d'après-midi, samedi 7 janvier, le candidat était dans les rues de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), où il devait tenir un meeting quelques heures plus tard, lorsqu'un passant l'a interpellé. 


"Vous incarnez une sorte de contestation du système, du renouveau et en même temps, tout le monde sait bien que vous faites évidemment partie du système", lui rappelle l'homme. L'ancien ministre de l'Economie et banquier chez Rothschild, passé par l'ENA, lui a alors assuré qu'il voulait y entrer pour le changer. Mais son interlocuteur persiste. "Vous êtes vous-même un produit du système".

Vous faites partie du système libéral qui fait qu'aujourd'hui les inégalités explosentUn passant à Emmanuel Macron

"Ca dépend duquel", lui répond alors le leader d'En Marche!. "Du système libéral, qui fait qu'aujourd'hui les inégalités explosent, que certains s'en prennent plein la figure", réagit immédiatement et vivement son contradicteur. "Si j'étais complètement du système libéral, je ne serais pas en train de faire ce que je fais aujourd'hui", tente de justifier le candidat à l'élection présidentielle, qui ne passera pas par la primaire de la gauche. "Je serais resté dans le système libéral, et je serais en train de faire l'argent pour moi. Ce qui m'importe c'est de changer les choses".


Ce qui ne semble pas vraiment convaincre son interlocuteur. "Vous venez d'un gouvernement qui n'a pas changé les choses", poursuit le passant. "C'est pour cela que je l'ai quitté, et en même temps, je pense qu'il a changé plus de choses qu'on ne le dit parfois", rétorque-t-il, visiblement agacé par la situation.

J'ai la tête d'un moule ?Emmanuel Macron

Peu après cette altercation, l'ancien ministre s'est défendu devant la presse. "J'ai la tête d'un moule ? Vous trouvez ? Je vous donne le sentiment d'être fait dans un moule ? Ben, l'ENA ce n'est pas un moule, c'est un moule pour qui veut le devenir", a-t-il assuré. Selon lui, avant c'était le recrutement par "copinage, par concours de bonnes manières, parce qu'on avait un parent ou un cousin qui était déjà dans la fonction publique". Aujourd'hui, lui préfère "les concours de la République" qu'il estime "méritocratiques".


"Le vrai scandale, ce n'est pas l'ENA. C'est qu'il y a moins d'enfants de paysans ou d'ouvriers qui arrivent à l'ENA. Les épreuves qui sont mises au concours d'entrée parfois creusent encore ces injustices. C'est contre ça que je veux me battre", a déclaré le candidat à la présidentielle, avant de dénoncer "certains hauts fonctionnaires trop protégés".

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