Soutien d'Emmanuel Macron, Jacques Attali qualifie Whirlpool d'"anecdote"... et se fait vivement recadrer

Élections Européennes 2019
BOURDE - L'économiste Jacques Attali, soutien d'Emmanuel Macron qui s'est notamment affiché avec lui dimanche soir à la Rotonde, a qualifié mercredi le sort des salariés de l'usine Whirlpool d'Amiens d'"anecdote". Le secrétaire général d'En marche! est intervenu aussitôt pour demander qu'il "se taise".

Une petite phrase dont le camp Macron se serait bien passée. Invité ce mercredi matin sur LCI, Jacques Attali a qualifié le sort des salariés de l'usine Whirlpool d'Amiens d'"anecdote". Un commentaire de la part de ce soutien d’Emmanuel Macron qui a suscité l’embarras de son état-major, le secrétaire général d'En marche! intervenant aussitôt pour demander qu'il "se taise".


"Je ne voudrais pas que cette campagne se réduise à des anecdotes", a déclaré sur notre antenne Jacques Attali, qui a connu le candidat en 2007. A cette époque, Emmanuel Macron était en effet rapporteur général adjoint de la commission Attali sur la libération de la croissance. "Les ouvriers de Whirlpool, c'est des anecdotes ?" a demandé alors Audrey Crespo-Mara à l'économiste et ancien conseiller de François Mitterrand, qui a été l'un des premiers mentors d'Emmanuel Macron et qui était présent au restaurant La Rotonde dimanche soir après le premier tour. Réponse de l’intéressé : "C'est en effet une anecdote dans un contexte plus large, si on ne le présente pas dans un contexte plus large".

"Qu'il se taise !"

La réplique sur Twitter du secrétaire général d'En marche! Richard Ferrand n'a pas traîné. "Ce que dit Attali sur #Whirlpool est une méprisable anecdote : qu'il se taise ! Avec @EmmanuelMacron nous luttons pour l'emploi @enmarchefr", a lancé le député socialiste. Le vice-président du Front national, Florian Philippot, a, lui aussi, réagi sur le réseau social: "#Whirlpool une "anecdote" pour Attali soutien de Macron ! 300 emplois supprimés, des familles bousculées, une anecdote ? Honteux".

Emmanuel Macron, qui a rencontré l'intersyndicale de Whirlpool dans la matinée dans sa ville natale d'Amiens, est allé à la rencontre de salariés dans l'après-midi en visite sur le site industriel. L'ancien ministre de l'Economie a reçu un accueil houleux, émaillé de quelques cris "Marine présidente", avant de finalement engager le dialogue durant environ une heure avec eux. Des salariés qui s'immiscent dans la campagne car le géant américain de l'électroménager a annoncé en janvier la fermeture en 2018 de son usine d'Amiens, où 290 salariés fabriquent des sèche-linge, pour transférer la production à Łódź, en Pologne. Les emplois de 60 salariés d'un sous-traitant (Prima) et ceux d'environ 250 intérimaires sont aussi menacés.

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