En mai et juin, quatre jours fériés vont se succéder en semaine : comment sont-ils payés ?

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BOL D'AIR - En mai et en juin 2019, quatre jours fériés tombent en semaine : les 1er, 8 mai et 30 mai ainsi que le 10 juin. Comment sont-ils payés ? LCI fait le point.

Chaque année, les salariés organisés les regardent plusieurs mois à l'avance : à combien de ponts potentiels ou de jours fériés ont-il droit, notamment au printemps ? 2019 compte ainsi 4 jours fériés qui tombent en semaine sur la période mai-juin : les mercredi 1er et 8 mai, le jeudi 30 mai (Ascension) et le lundi 10 juin (Pentecôte). C’est donc autant d’occasions de "vacances" que les esprits les plus affûtés vont savoir optimiser au mieux. 


Mais c’est aussi autant d’idées reçues sur leur rémunération. "Jour férié ne signifie pas toujours jour chômé et encore moins majoration de salaire quand il est travaillé. C’est un accord d’entreprise ou, à défaut, la convention de branche, qui définit quels sont les jours fériés non travaillés. Le cas échéant, il revient à l’employeur de les définir" rappelle Marine Sonnerat, juriste aux éditions Tissot. 

Le 1er mai, seul férié obligatoirement rémunéré

Un seul cas est obligatoirement chômé et rémunéré : il s'agit du 1er mai, qui cette année tombe donc un mercredi. "En d’autres termes, tous les salariés, quelle que soit leur situation, n’ont pas à venir travailler et bénéficient du maintien de leur rémunération", souligne Marine Sonnerat. 


Cependant, certaines entreprises ou secteurs d’activité, comme les hôtels, les établissements de gardiennage ou encore les médias, ne peuvent pas interrompre le travail. Travailler le 1er mai y est donc envisageable. Dans ce cas, les collaborateurs des sociétés concernées "ont droit, en plus de leur salaire journalier habituel, à une indemnité égale au montant de ce salaire". Bref, le 1er mai travaillé est payé double !  Peut venir s'y ajouter également, selon les conventions collectives, un repos compensateur équivalent.

Majoration de salaire ou repos compensateur : rien d'obligatoire pour les autres fériés

Pour les autres jours fériés du printemps -comme d'ailleurs ceux du reste de l'année de manière générale (outre le 1er mai, il y a dix jours fériés au total dans le calendrier)-, "la situation n’est pas la même s’ils tombent un jour habituellement travaillé ou non", note la juriste. 


En cas de jour habituellement non travaillé, comme par exemple le dimanche, cela n’aura aucune incidence sur le salaire. S’ils tombent un jour qui aurait dû être travaillé et que ce jour est chômé (donc non travaillé), le salarié bénéficiera du maintien de son salaire. Mais si ce jour férié est travaillé, le salarié ne bénéficie d’aucune majoration de salaire ou de repos compensateur,  sauf dispositions plus favorables de l’accord d’entreprise ou de la convention collective.

Qui du lundi de Pentecôte ?

Pour rappel, la journée de solidarité - journée de travail supplémentaire destinée au financement d’actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées ou handicapées, érigée sous le gouvernement Raffarin en 2003 - n’est plus automatiquement fixée le lundi de Pentecôte (cette année, il s'agit du lundi 10 juin). "Les modalités de détermination de cette journée non rémunérée sont fixées par accord d’entreprise ou à défaut par accord de branche voire, le cas échéant, par l’employeur", indique Marie Sonnerat. "L’entreprise peut alors fixer la journée de solidarité un autre jour férié précédemment chômé autre que le 1er mai".


Dès lors, deux situations existent et la rémunération du lundi de Pentecôte varie en fonction. S'il correspond à la journée de solidarité, le travail accompli, dans la limite de 7 heures, ne sera pas rémunéré pour les salariés mensualisés (sauf accord d'entreprise plus avantageux). Pour les salariés à temps partiel, cette limite est réduite en fonction de la durée du travail du salarié en question. Les salariés au forfait jour subiront quant à eux une perte de rémunération à hauteur de la valeur d’une journée de travail. Si la journée de solidarité est fixée un autre jour, le lundi de Pentecôte relève alors du régime relatif aux jours fériés ordinaires autres que le 1er mai, rappelle la juriste des éditions Tissot.

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