1er mai : Les Français invités à célébrer la fête du travail à leur balcon

1er mai : Les Français invités à célébrer la fête du travail à leur balcon
Emploi

MANIFESTATION - Pour ce 1er mai dans un monde confiné, les syndicats appellent à manifester... sur les balcons ou les réseaux sociaux. Une attention particulière est portée cette année aux travailleurs en "première ligne" dans la crise du coronavirus.

Pâques au salon, 1er mai au balcon ! Le confinement n’empêchera pas la fête du Travail et des Travailleurs de se tenir. Pour cette année particulière, plusieurs organisations syndicales et étudiantes ont appelé à "manifester avec des pancartes, banderoles ou en envahissant les réseaux sociaux", pour "donner à cette journée une véritable force collective !" 

La CGT, FSU, Solidaires et les mouvements lycéens Fidl, MNL, UNL et étudiant Unef rappellent dans un communiqué commun vouloir mettre particulièrement en lumière le rôle crucial des travailleurs en première ligne pendant la crise sanitaire, les "oubliés" et les "invisibles de nos sociétés, qui continuent à travailler, le plus souvent au risque de leur propre vie", soignants, caissières, éboueurs... Ils réclament "de vraies revalorisations salariales" pour ces travailleurs.

Ce qui donne des idées à certains, ne serait-ce qu'en matière de slogan ou plutôt de dicton...

Les syndicats tentent aussi de préparer l’après, après ce déconfinement qui se profile. La CGT interroge ainsi sur le monde d’après, via une pétition.   "Les discours du gouvernement et du Medef ne fredonnent pas tout à fait le même air. Ils voudraient nous imposer de faire plus d’efforts, plus d’heures de travail, prendre moins de vacances. Ils aimeraient bien nous faire payer la crise", écrit-elle. "Peut-être imaginent-ils que tout va recommencer comme avant ? Qu’ils vont pouvoir 'profiter' comme avant sans se soucier ni des besoins de ceux qui travaillent, ni de la planète ? Plus que jamais, le 1er mai, ce sera l’occasion d’exprimer ce que nous souhaitons pour demain. Saisissez cette de l’occasion pour afficher, sur les réseaux sociaux, sur votre balcon, votre fenêtre, sur les murs… votre revendication." 

Fidèle à sa tradition, Force ouvrière appelle de son côté à ses propres mobilisations le 1er mai, également sur les réseaux sociaux. 

Le 1er mai, qui tire son origine des combats du mouvement ouvrier à la fin du XIX siècle,  est un événement collectif par excellence. Interrogé par l'AFP, l'historien français Stéphane Sirot, spécialiste des mouvements sociaux estime que ce sera "sans précédent dans l'histoire syndicale" : "Un 1er mai confiné, ça ressemble à un 1er mai de guerre, c'est la seule comparaison qui me vienne. Mais c'est la première fois que la situation sanitaire entre en jeu", estime-t-il.

Au-delà du symbole, la vraie question, selon l'historien Stephane Sirot, est de savoir comment s'inscrira l'action syndicale dans les mois à venir, face à une "casse sociale" qui s'annonce d'ampleur dans la majorité des pays. "Des enjeux très importants se profilent, mais l'action des syndicats va être très compliquée", souligne l'historien. "Les rassemblements de masse, un des outils essentiels de l'action militante, continueront à être interdits dans le cadre du processus de déconfinement. Le syndicalisme, c'est beaucoup de réunions, de manifestations, de contacts, c'est important pour construire des rapports de force. Or cette dimension, on n'est pas près de la retrouver".

Et dans le reste du monde ?

Le reste du monde suivra peu ou prou la même formule . En Italie, l'un des pays européens le plus durement meurtri par la pandémie, le grand concert organisé traditionnellement le 1er mai à Rome par les principales centrales syndicales se tiendra cette année sans public. Plusieurs artistes ont toutefois été invités à se produire à l'Auditorium, grande scène musicale de la capitale, pour un spectacle baptisé "Le travail en sécurité : pour Construire le Futur", retransmis en direct.

En Grèce, pays à forte tradition syndicale, rien n'est officiellement prévu, et le plus grand syndicat grec, la Confédération des travailleurs du secteur privé (GSEE) "respecte les consignes concernant l'interdiction des rassemblements de plus de dix personnes". Toutefois, vu le spectre d'une nouvelle récession après dix ans de crise en  Grèce, il n'est pas exclu que des syndicats communistes organisent un rassemblement symbolique devant le Parlement à Athènes. 

Controverse dans quelques pays

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En Suède comme en Norvège, où le slogan de cette année sera "sécurité pour la santé et le travail", les traditionnels défilés du 1er mai ont aussi été annulés, et des célébrations seront organisées sur internet. Prudence en Finlande, où les célébrations de la fête du travail coïncident avec celles du "Vappu", une fête plus populaire célébrée pour l'arrivée du printemps. La police pourrait fermer les parcs pour empêcher tout rassemblement. Annulation également en Russie, où les célébrations très officielles et massives (100.000 personnes à Moscou l'an dernier) sont souvent orchestrées par le Kremlin. 

En Indonésie, les syndicats entendent maintenir malgré l'interdiction policière les manifestations à Jakarta, qui réunissent habituellement des dizaines de milliers de personnes. Controverse également en Uruguay, où la plus grande centrale syndicale PIT-CNT s'est vue refuser par le président Luis Lacalle Pou la possibilité de faire une allocution radio-télévisée nationale à l'occasion de la fête des travailleurs.

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