"5.000 euros à qui me trouve un repreneur !": la drôle de promesse d'un droguiste de Strasbourg

"5.000 euros à qui me trouve un repreneur !": la drôle de promesse d'un droguiste de Strasbourg
Emploi

INSOLITE - A Strasbourg, Jean-François Feldmann, 63 ans, veut prendre sa retraite. Mais il souhaite auparavant passer la main et trouver un repreneur pour sa droguerie, une institution dans le quartier. Pour cela, il a eu une idée originale...

Il a une tête de jeunot, les yeux rieurs. Et pourtant, il a 63 ans, et même s’il aime son travail, après 47 ans à turbiner, il veut prendre sa retraite. Sauf que Jean-François Feldmann tient à Strasbourg la droguerie Monoisin. Une institution, quasiment une histoire de famille : il l’a reprise de son prédécesseur qui y était resté 36 ans, et a développé l’affaire pendant 26 ans. Alors il aimerait bien que le commerce ne disparaisse pas.

Sauf que trouver un repreneur est compliqué. "La vraie difficulté, c’est que je n’ai jamais fait ça, et je ne sais pas sur quel support communiquer le fait que j’ai un commerce à céder", raconte Jean-François Feldmann à LCI. "A priori, ce n’est pas évident pour le petit commerce aujourd’hui : je discutais ce matin avec une dame qui a une librairie à Paris, elle a les plus grandes difficultés à trouver un repreneur. C'est pareil pour les médecins."

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Lui fait volontiers - et très bien - l’article de son affaire : "J'ai un commerce qui est totalement lancé, il y a du monde tout le temps, les gens veulent absolument que ce magasin perdure, c’est un service pour le quartier, et je suis vraiment convaincu de la chose aussi", détaille Jean-François. "On propose tout ce que plus personne ne vend : en matière de quincaillerie, d’électroménager, de droguerie, tous nos articles sont devenus introuvables." Ajoutez à cela des petits prix et des conseils de pro : "Nous choisissons de ne pas vendre certaines marques qui ne nous plaisent pas, nous avons un vrai conseil. C'est ici aussi qu'on vend le papier WC le moins cher de la ville, 1,80 euros les six rouleaux. Je vous défie de trouver moins cher à Strasbourg !" 

Bref, et pour que tout cela se sache, Jean-François Feldmann s’est dit qu’il fallait faire marcher le bouche-à-oreille. Qui sait, peut-être que parmi ses clients, certains ont un beau-frère banquier voulant changer de vie, ou un ami en quête de reconversion et avec un petit pécule. Et comme tout commerçant qui sait qu'une petite récompense ne peut qu'inciter les gens à se mobiliser, il fait cette promesse : celui qui l'aidera à trouver un repreneur gagnera 5.000 euros. Pour que tout le monde soit au courant, il ainsi barré sa vitrine d’une grande étiquette "Qui veut gagner 5.000 euros ?". Et posé à la caisse des enveloppes contenant un texte où toute la démarche est expliquée : "C’est simple : soyez le premier à me présenter la personne qui reprendra ma droguerie, et le jour de la vente, je vous donne 5.000 €. C’est un engagement ferme."

Bon vendeur, cherche repreneur

Jean-François a sa petite idée du ou de la candidate idéale : "Cette belle droguerie conviendrait parfaitement à l’un de vos amis ou amies qui souhaitent changer de vie", est-il écrit dans le texte. "Il s’agit de l’une des plus belles affaires commerciales de Strasbourg avec un fort potentiel de développement. Le candidat idéal sera certainement un ou une cadre en quête de reconversion." Jean-François est même prêt à faire le service après-vente : "Il n’y a plus de formation de droguiste. Mais quand j’ai racheté le magasin, qui marchait déjà très bien, j’ai multiplié le chiffre d’affaires par trois. Aujourd’hui, je sais comment l’augmenter de 40% sans problème. J’ai des idées très précises, que je suis prêt à donner au repreneur, et je sais que ça marchera. Mais moi je n’ai plus envie, j’ai fait mon boulot, je veux du temps libre." 

Depuis que le droguiste a lancé son appel, un petit  vent d’excitation souffle dans sa boutique. "C’est rigolo, cela amène de l’animation, tout le monde se demande qui va emporter le pactole", dit-il. "Mais les gens se demandent aussi si ce sera encore une droguerie… Une petite inquiétude pointe." En tout cas, depuis que France Bleu a repéré l'initiative, de nombreux médias se sont penchés sur l'histoire, et l'ont relayée. "C’est hallucinant, c’est une explosion !", raconte Jean-François. RTL, Le Figaro, les DNA, BFM, 20 minutes, Le Parisien, il n'en revient pas... Et la publicité porte déjà peut-être des fruits : "J’ai des personnes qui me contactent, j’ai pris plusieurs rendez-vous, on verra bien ce que ça donnera."

Mais en tout cas, toutes les offres sont encore acceptées, et seront étudiées. Il laisse pour cela son adresse mail : feldfran@gmail.com. Evidemment, si vous avez envie de postuler après avoir lu cet article, n'oubliez pas de mentionner LCI (et l'auteure de ces lignes) car la promesse des 5.000 euros tient toujours, il l'a redit. Et ne doute pas que sa méthode ne fasse des émules : "Je ne serais pas étonné que mon idée soit reprise après, et que cela devienne un système. Et que d’autres magasins s'en servent", glisse Jean-François. Une chose est sûre, le monsieur est bon vendeur. Nul doute qu'il trouvera un repreneur.

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