7.500 postes menacés chez Air France, selon les syndicats

7.500 postes menacés chez Air France, selon les syndicats
Emploi

ECONOMIE - Le groupe Air France compterait supprimer plus de 7.500 postes d'ici fin 2022, dont 6.560 (sur environ 41.000) au sein de la compagnie tricolore et plus de 1.000 au sein de la compagnie régionale Hop!, selon une information communiquée mardi par les syndicats de la compagnie.

Le chiffre était attendu vendredi mais les syndicats l'ont éventé. Selon ces derniers, ce sont plus de 7.500 postes que compte supprimer Air France d'ici 2022, dont 6.560 (sur environ 41.000) au sein de la compagnie tricolore et plus de 1.000 au sein de la compagnie régionale Hop!. 

"Les besoins sont en forte baisse sur l'ensemble de la période en lien avec la chute d'activité et la nécessité d'accélérer la transformation de l'entreprise", explique la direction dans un document consulté par l'AFP en amont d'un comité économique et social central (CSEC) qui était prévu vendredi chez Air France.

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Des sites menacés

Au sein de la compagnie Air France, les suppressions de postes, exprimées en ETP (équivalents temps plein), passeront par des départs naturels non remplacés (environ 3.500) et par des départs volontaires pour l'essentiel, même si des départs contraints ne sont pas exclus pour le personnel du réseau court-courrier. Ces chiffres doivent être présentés officiellement aux organisations syndicales lors de comités sociaux et économiques (CSE) prévus vendredi.

Hop!, qui compte actuellement quelque 2.400 ETP de source syndicale, est particulièrement touchée. Selon plusieurs sources, les sites de maintenance de Hop! à Morlaix et Lille sont menacés de fermeture, tout comme une base de personnel navigant Air France à Toulouse. Chez Air France, les départs doivent passer par des ruptures conventionnelles collectives pour le personnel navigant, tandis qu'un plan de départs volontaires (PDV) est privilégié pour le personnel au sol. La direction souhaite ouvrir des négociations avec les syndicats du personnel au sol début juillet pour de premiers départs en début d'année 2021.

Le plan présenté officiellement vendredi

Contactée par l'AFP, la direction d'Air France dit vouloir réserver "la primeur de la présentation de ses orientations stratégiques et de leurs impacts en matière d'emploi aux partenaires sociaux et aux instances représentatives du personnel, qu'elle réunira vendredi 3 juillet".

Mais, déjà, elle le dit : "La baisse durable d'activité et le contexte économique liés à la crise du Covid-19 imposent d'accélérer la transformation d'Air France", affirme-t-elle, en disant étudier "l'ensemble des outils permettant d'ajuster ses effectifs à la baisse d'activité, en privilégiant le volontariat et les mobilités". Le choc lié à l'épidémie de Covid-19 a été sans précédent pour la compagnie française comme pour ses rivaux internationaux, qui ont enchaîné ces dernières semaines les annonces de coupes claires dans leurs effectifs: 22.000 chez le groupe allemand Lufthansa, 12.000 chez British Airways ou encore 10.000 pour l'américain Delta Air Lines.

Les syndicats montent au front

L’annonce de la direction est en effet attendue vendredi : la direction d'Air France doit présenter aux syndicats l'impact sur l'emploi de son "plan de reconstruction" pour surmonter la crise liée au Covid-19. 

Lundi, vingt syndicats de la compagnie Air France et de la filiale régionale Hop! ont envoyé un communiqué commun, pour se  dire opposés "à la destruction massive d'emplois dans le groupe Air France". "Ce jour s'est tenue la première réunion de la quasi-totalité des organisations syndicales intercatégorielles (personnel sol, personnel navigant commercial et pilote) des compagnies Hop! et Air France", affirment ainsi les signataires dans ce communiqué. "L'ensemble des signataires s'oppose au fait que les milliards d'euros d'aides au groupe Air France puissent déboucher sur une destruction massive d'emplois dans le groupe Air France, ainsi que sur une déstructuration des périmètres industriels respectifs", écrivent-ils. Ils demandaient à être reçus "de manière collégiale dans les plus brefs délais" par le directeur général d'Air France-KLM", Benjamin Smith.

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L'État français, actionnaire d'Air France-KLM, a apporté un soutien financier de 7 milliards d'euros, dont 4 milliards de prêts bancaires garantis et 3 milliards de prêt direct, en demandant au groupe franco-néerlandais d'améliorer sa rentabilité et son impact environnemental.

En réponse, Benjamin Smith avait annoncé fin mai la réduction du réseau français (déficitaire) de 40% d'ici à la fin 2021.

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