Absentéisme au travail : des chiffres en hausse, dans le privé comme dans le public

Absentéisme au travail : des chiffres en hausse, dans le privé comme dans le public

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ETUDE – Comment limiter l’absentéisme au travail et les coûts qu’il engendre. Les députés ont voté le retour du jour de carence non indemnisé dans la fonction publique lundi. Une étude dévoilée ce mercredi par l’assureur Malakoff Médéric fait le point sur les arrêts maladie en France. Et la hausse se constate autant dans le privé que le public.

L’absentéisme au travail, une épineuse question économique et sociale à régler pour les entreprises, mais aussi la fonction publique. Alors que le retour au jour de carence non indemnisé dans la fonction en cas d’arrêt de travail a été voté lundi 20 novembre à l’Assemblée nationale, les arrêts d’une journée coûtent près de 170 millions d’euros, rappelle Le Parisien dans son édition du 22 novembre, où il publie les résultats de l’étude réalisée par l’assureur Malakoff Médéric sur l’absentéisme au travail.

16,6 : nombre de jours d’absence

Selon le rapport de Malakoff Médéric, la population active française affiche 16,6 jours d’absence en moyenne. Cela nous place cependant derrière l’Italie (19 jours) et devant l’Allemagne (15,2) ou encore l’Espagne (10,7), loin devant la Grande-Bretagne (5 jours). Entre 2010 et 2016, public et privé confondus, le nombre de jours d’arrêt a augmenté de 7,5 %.


Dans le public, l’institut iFrap, qui traque la dépense publique, a publié son palmarès des communes où l’absentéisme est le plus fort : en 2013, Amiens décrochait ainsi la première place avec 39,94 jours d’absence par agent (dont 49,3 jours en moyenne pour des titulaires) devant Marseille (36,80) et Avignon (35,07). 

Privé : près d’un tiers des salariés arrêtés au moins une fois dans l’année

Entre 2010 et 2016, Malakoff Médéric a noté une hausse du nombre de salariés du privé qui ont déposé un arrêt maladie au moins une fois dans l’année (de 32,3% à 34,1 %). Et ces arrêts ont tendance à être de plus en plus long, malgré les trois jours de carence normalement appliqués au privé (jours d’absence non payés), mais dont beaucoup de grandes entreprises s’acquittent pour leurs salariés. Le nombre moyen de jours pour un salarié en arrêt est passé de 33,2 en 2010 à 35,5 en 2016. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur décroche la palme du nombre moyen de jours d’absence (39,9) devant la Bourgogne-Franche-Comté (38,8).


Malakoff Médéric a également regroupé les arrêts maladie par catégorie socio-professionnelle. En 2016, les ouvriers sont les plus concernés (40,7 %) devant les agents de maîtrise (36,2 %) et les employés (34,5 %) quand seulement 27,8 % des cadres sont absents au moins un jour dans l’année. L’industrie-BTP (38,9 %), la santé (38,5 %) et le commerce (30,8 %) sont les secteurs où les arrêts ont été les plus nombreux l’an dernier.

En vidéo

JT 20H - Les chiffres de l'absentéisme dans les collectivités territoriales

Public : des accidents du travail en hausse

En 2015, Sofaxis, cabinet de courtage pour les collectivités locales et l'hôpital, note que 44% des agents des collectivités territoriales ont été absents au moins une fois. Un chiffre qui a bondi de 28% en dix ans. Cela s’expliquerait notamment par une forte hausse des accidents du travail (+ 53 %), mais aussi des maladies habituelles (+ 44%) et des arrêts longue maladie (+ 15 %), un chiffre qui pose la question du bien-être au travail et des risques de burn-out.

7,1 Mds d’euros de coût annuel pour la Cnam

L’absence coûte cher. Malakoff Médéric a fait les comptes et, en 2016, les arrêts de travail ont coûté 7,1 milliards d’euros à la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam). Le Parisien note qu’en additionnant les frais indirects (salaire du CDD de remplacement, frais administratifs, etc.), le chiffre grimpe à 60 milliards d’euros par an. Les arrêts maladie représenteraient l’équivalent de 42 salariés absents toute l’année. 

Des médecins pas si complaisants, des arrêts peu respectés

L’étude de Malakoff Médéric note que 11% des salariés ont reconnu avoir déjà demandé un arrêt à leur médecin. Et les raisons sont diverses : trop malade pour travailler (27 %), pas en état psychologiquement (23 %) ou trop fatigué (22 %). A l’inverse, certains salariés ont reconnu qu’ils n’avaient pas suivi l’arrêt qui leur avait été prescrit (19 %). Parmi eux, 48 % ne voulaient pas se laisser aller, 23 % pour ne pas être surchargés au retour et 22 % en raison d’un sentiment de pression hiérarchique.


Pour le ministère du Travail, les absences récurrentes seraient liées à un problème de mal-être au travail ainsi qu’aux contraintes physiques et psychosociales pesant sur les salariés. Parmi les pistes de réflexion pour diminuer l’absentéisme, la réorganisation du travail et l’utilisation d‘outils mieux adaptés sont envisagées, rapporte Le Parisien.


La Cnam estime à plus de 1200 les fraudes administratives aux indemnités journalières et un préjudice de 10,7 millions d’euros. 50% porteraient essentiellement sur un cumul d’indemnités journalières avec d’autres activités rémunérées.

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