Assurance chômage : un compromis enfin trouvé entre syndicats et patronat

Assurance chômage : un compromis enfin trouvé entre syndicats et patronat

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SIGNÉ – Après d’âpres négociations, les partenaires sociaux sont parvenus à un accord sur l’assurance chômage, mardi soir. Quatre syndicats sur cinq devraient signer le texte, fruit d’un compromis entre toutes les parties. "Le dialogue social a montré une fois de plus son efficacité", s’est réjoui le Medef.

"Nous avons trouvé un accord sur l'assurance chômage". Au sortir de 12 heures d’intenses négociations, Alexandre Saubot, négociateur du Medef, avait de quoi avoir le sourire mardi soir. Le patronat et les syndicats sont parvenus à un compromis, au terme de quatre séances et après l’échec des discussions il y a un an. A moins d’un mois de la présidentielle, chacun ressentait le besoin d’accélérer les échanges pour tomber d’accord sur une nouvelle convention d’assurance chômage


"Nous nous réjouissons que le dialogue social ait montré une fois de plus son efficacité", a ajouté Alexandre Saubot. Bien qu’il y voit un "accord a minima", FO, tout comme la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, y a trouvé un "équilibre" du texte et s’est engagé à le défendre pour qu’il soit validé par les instances. "S’il est signé, ce sera un signal fort envoyé aux politiques", a jugé Michel Beaugas (FO) alors que deux candidats, Emmanuel Macron et François Fillon, menacent de reprendre en main l'assurance chômage. De son côté, le négociateur CGT a annoncé qu’il était "peu probable" que le syndicat valide un texte qu’il juge "sexiste, anti-travailleurs pauvres et anti-vieux".

Le dialogue social en sort renforcéFrançois Hollande

Le régime de l’assurance chômage affiche actuellement une dette de 30 milliards d’euros et perd 4 millions d’euros par an. Pour parvenir aux quelque 900 millions d’euros d’économies que prévoit ce nouveau compromis, chacun a dû faire des concessions. Le patronat a fini par céder sur les contrats courts, en promettant de maintenir pendant 18 mois la surcotisation sur les CDD d’usage qu’il souhaitait supprimer. Il a aussi accepté une "contribution exceptionnelle temporaire" de 0,05% pour tous les contrats. Elle serait compensée par une baisse des cotisations à l'AGS, l'organisme patronal qui assure le paiement des salaires et indemnités des entreprises en difficulté.

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La dette de l’assurance chômage explosera en 2017

Parmi les avancées notables du texte, l’entrée dans la "filière seniors" est fixée à 55 ans, avec la possibilité de toucher les allocations jusqu’à 36 mois et des propositions de formation ; les branches usant de contrats courts (hôtellerie-restauration, spectacle, services à la personne, etc.) seront incitées à réguler leur utilisation. Les règles d’affiliation au régime ont par ailleurs été assouplies.


"On a plus que limité la casse par rapport au texte de départ", a déclaré Eric Courpotin (CFTC). 'Le paritarisme n'est pas mort', a ajouté Michel Beaugas. En haut lieux, on s’est également félicité de cet accord. Pour François Hollande, c’est le signe fort que "le dialogue social en sort renforcé". La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a salué la capacité des partenaires sociaux à "prendre leurs responsabilités". Bernard Cazeneuve a noté que "la poursuite du dialogue social, que le gouvernement a appelé de ses voeux, a permis d’aboutir à cet accord signé (dont l’)objectif est de pérenniser et de sécuriser l’assurance chômage." 

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