Au travail, les femmes toujours plus exposées que les hommes au stress et à la charge mentale

Au travail, les femmes toujours plus exposées que les hommes au stress et à la charge mentale

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INÉGALITÉS – Le groupe Cegos, organisme de formation professionnelle, a publié cette semaine son "Baromètre du climat social et qualité de vie au travail". Quatrième volet : les écarts entre hommes et femmes au travail.

Au travail, les hommes et les femmes ne voient pas les choses de la même manière. Probablement car ils ne vivent pas les mêmes situations. C’est ce qu’indique le baromètre "Climat social et qualité de vie au travail" de Cegos, publié mardi. "Il y a un vrai décalage de perception. Les femmes ont l’impression d’avoir moins les moyens", note Isabelle Drouet, experte Ressources humaines chez cet organisme de formation professionnelle. 


Les femmes sont en effet moins nombreuses à estimer qu’elles ont une réelle latitude d’action et de décision dans leur travail (62% contre 70% pour les hommes), à disposer des budgets nécessaires pour fournir un travail de qualité (54% contre 61%), ou encore du temps nécessaire pour le réaliser (63% contre 69%). Pourtant, elles sont plus nombreuses que les hommes à juger que leur travail est une source d'épanouissement personnel avant d'être une source de contrainte.

Décalage sur la rémunération, le manager, le stress

L’écart entre les sexes est tout aussi marqué sur les relations avec le manager. Est-ce à dire que les femmes sont plus exigeantes ? Ou, surtout, moins bien traitées ? Quoi qu’il en soit, elles sont seulement 56% (contre 71% des hommes) à estimer que leur manager sait réguler les tensions avec l’équipe. Elles sont aussi moins nombreuses à estimer qu’il est équitable avec les membres de l’équipe (62% contre 74%) ou qu’il leur fait des retours réguliers sur les résultats et la qualité du travail. 


Les décalages sont les mêmes pour la rémunération (44% seulement des femmes estiment que les salaires dans leur société sont équitables pour un même niveau de contribution, contre 55% des hommes) ou l’équilibre vie professionnelle et vie personnelle. De même, elles s’estiment plus exposées au stress : elles sont une sur trois à affirmer subir un stress régulier lié au boulot, contre moins d’un homme sur deux. Une sur trois juge également que cela a un impact négatif sur sa santé". "On peut parler d’une population plus exposée et plus sensible, peut-être plus vulnérable", commente Isabelle Drouet.

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Plafond de verre et charge mentale

Véritable différence de traitement ou simple sentiment d’être moins bien considérée ? Pour Isabelle Drouet, "il peut y avoir une réalité du travail vécue différemment par les femmes et les hommes. Mais ces chiffres sous-entendent aussi un plafond de verre qui ne se brise toujours pas pour les femmes, et une charge mentale qui continue de peser plus lourd chez les femmes que les hommes."


L’index que vient de mettre en place le gouvernement pour mesurer les inégalités salariales aura-t-il un impact ? Les entreprises ont trois ans pour s’aligner et être notées sur cinq critères objectifs. Avant, sinon, de payer.


> > A suivre : 5/5 Les DRH sont-ils déconnectés de la réalité de leurs salariés ?


> Etude réalisée par l'Observatoire Cegos, en septembre et octobre 20178, auprès d'un échantillon représentatif de 1.160 personnes (salariés, managers, et directeurs ou responsables des ressources humaines), auprès d'entreprises du privé de plus de 100 salariés. 

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