Avec le télétravail et l'absence de touristes, les restaurants ont du mal à retrouver le sourire

Avec le télétravail et l'absence de touristes, les restaurants ont du mal à retrouver le sourire
Emploi

REPRISE EN DEMI-TEINTE - Après quinze jours de réouverture progressive, les cafés et restaurants sont toujours à la peine. Entre l'actif du midi en télétravail et les touristes étrangers pas encore de retour, les clients ne sont pas tous au rendez-vous.

Les 168.000 restaurants et 38.800 bars ou cafés de l'Hexagone ont sévèrement été mis à mal par le confinement instauré mi-mars. Alors que les établissements situés dans la zone verte avaient pu rouvrir dès le 2 juin, le bilan n'est pas brillant. Entre les gens qui restent à la maison et le tourisme qui n'a pas vraiment repris, ils ont du mal à retrouver leur clientèle. 

A Marseille, par exemple, le compte n'y est pas même après deux semaines de réouverture. "Les gens commandent moins, moins gros, mois cher, tout moins, ce qui rend le travail moyen", déplore ainsi Richard Cohen, propriétaire du restaurant Debussy, au 13 h de TF1. Alors en attendant le retour des touristes, il faut travailler avec les locaux. Les Marseillais représentent 70% de la clientèle dans cette brasserie, l'une des plus vieilles de la ville. 

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Personnel réduit, carte simplifiée

Mais les clients réguliers ne sont pas tous au rendez-vous, comme en témoigne Frédéric Jeanjean, propriétaire de la brasserie Les Templiers : "Nous avons pas mal de gens qui travaillent dans les bureaux à proximité, mais ils sont tous en télétravail. Nous avons par exemple une banque juste à côté. Habituellement, ils étaient entre 7 et 10 à réserver à midi, là ils ne sont que 1 ou 2", se plaint-il. Résultat, le personnel a dû être réduit et la carte simplifiée. Il a fallu aussi supprimer des plats, comme par exemple le tartare de boeuf. "La filière boucherie s'étant orientée vers la grande distribution", souligne Frédéric Jeanjean.

Bien sûr, à Marseille, les restaurants possédant une terrasse s'en sortent mieux. Pour autant, certains accusent toujours le coup. Au café Simon sur le Vieux Port, la perte du chiffre d'affaires s'élève à 30 % sur ces quinze derniers jours, mais le gérant voit le comportement et l'affluence des clients évoluer. "Au début, il y avait une réelle réticence, une vraie psychose, mais au fur et à mesure des jours, les masques ont disparu, et c'est à nous de faire respecter la distanciation auprès des clients", avance Ludovic Bourderionnet.

Un tiers des établissements en danger

Les restaurateurs remonteront-ils la pente ? Le bilan de l'année sera tiré à l'automne. Selon le principal syndicat du secteur, un tiers des établissements pourrait mettre la clé sous la porte d'ici l'année prochaine. En attendant, depuis ce lundi, c'est au tour des restaurants d’île-de-France de rouvrir leurs portes, après le feu vert annoncé dimanche par Emmanuel Macron. Une réouverture, qui intervient un peu plus tôt qu'anticipé, et qui était espérée par les professionnels du secteur, dont les établissements étaient fermés depuis près de trois mois.

Pour Gabin Jarry, patron de la pizzeria Rivoluzione à Paris, qui témoignait dimanche au 20 h de TF1, pouvoir rouvrir ce lundi était une question de survie économique alors que son établissement a perdu 70% de son chiffre d'affaires. "C'est une très bonne nouvelle, très réjouissante, mais on n'est pas encore tiré d'affaire, constate-t-il. Il ne faut pas oublier qu'on conserve la distanciation d'un mètre qui réduit notre capacité d'accueil et automatiquement qui réduit notre chiffre d'affaires. Alors qu'on conserve les mêmes loyers à payer".

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Le président du syndicat patronal GNI (Groupement national des indépendants) fait le même constat : "Le moral ne sera au beau fixe que le jour où on supprimera cette distanciation, a confié à l'AFP Didier Chenet. Avec la distanciation d'un mètre, la reprise va se faire de façon très dégradée et dans des conditions économiques qui ne sont pas viables pour nos entreprises", a-t-il estimé.  Selon lui, cette mesure réduit au minimum de 50% la capacité des établissements.

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