#BalanceTonPorc au travail : "bénéfique" ou "problématique", un an après, les femmes et les hommes divergent totalement

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RAPPORT HOMMES-FEMMES - Les choses ont-elles vraiment changé, dans le monde de l'entreprise, depuis le mouvement #Metoo ? Un sondage laisse entendre que les choses sont plus nuancées qu'il n'y paraît.

Et si les choses avaient changé, mais en pire ? Un an après #BalanceTonPorc, l’agence d’intérim en ligne Qapa.fr dévoile un sondage qui nuance les avancées habituellement annoncées un an après #Metoo, en matière de harcèlement au travail. "En seulement un an, les choses semblent avoir encore empiré mais avec également l'émergence d'une volonté de renouer avec un esprit de séduction", indique l’agence dans son sondage. Le détail.

Davantage de victimes de harcèlement ?

En entreprise, il semble que les victimes d'harcèlement soient en augmentation depuis un an. En effet, en 2017, 52% des femmes déclaraient en avoir été victimes en 2017. Elles sont à présent 57% dans ce cas. Même constat pour les hommes qui étaient 27% en 2017, contre 30% en 2018.


Pour les femmes, les harceleurs restent en grand majorité les supérieurs hiérarchiques (de 45% en 2017 à 50% en 2018). Du côté des hommes, les collègues représentaient 54% des harceleurs. Et ce sont les supérieurs qui sont les plus nombreux (95%) en 2018. 

Pour en parler, les réseaux sociaux ont pris le dessus sur le cadre privé

Le sondage indique également que malgré la couverture médiatique occasionnée, "il semblerait que les victimes osent moins en parler qu'avant". Les chiffres donnés indiquent même une chute drastique :  72% des femmes sondées avouaient en avoir parlé à quelqu'un en 2017 ; elles ne sont plus que 5% à le dire en 2018. Les hommes sont eux 30%, contre 33 il y a un an.


"Nous pensons que l'opération #Balancetonporc a permis à beaucoup plus de personnes de communiquer mais plus du tout dans le cadre privé. La possibilité d'en parler sur les réseaux a largement augmenté et se fait donc au détriment des personnes plus proches (qui peuvent également être connectées)" explique Qapa.fr à LCI.  Conclusion : la démarche se fait ainsi directement dans la sphère numérique et presque plus du tout dans la vie réelle.

 

A noter aussi que les dépôts de plaintes baissent chez les femmes de 4% en 2017 à 2% en 2018 et est stable chez les hommes à 1%. 

#BalanceTonPorc : bénéfique pour les femmes et... problématique pour les hommes

La médiatisation du mouvement #BalanceTonPorc n'est pas passée inaperçue : 90% des femmes et 81% des hommes en ont entendu parlé en 2018, contre respectivement 71% et 72% en 2017. 


Mais avec un an de recul, cette forme de tribune populaire divise encore plus les Français : 84% des femmes considèrent la dénonciation comme bénéfique (58% en 2017) alors que 81% des hommes y voient une profonde problématique. 

Une prise de conscience personnelle

Conséquence de cette hausse du harcèlement, les Français semblent plus nombreux à avoir été qualifiés d'harceleurs cette année. 7% des femmes l'avaient été en 2017 et elles sont 17% en 2018. Même chose pour les hommes qui passent de 19% à 33% cette année. 

L'intérêt de la loi ?

Pour la grande majorité des femmes, les projets de lois ne changeront absolument rien. C'est ce que pensent 93% de la gent féminine en 2018 (73% en 2017). A l'inverse, pour les hommes, la législation semble être une solution : 51% d'entre eux pensent que cela va changer la donne. Ils étaient 30% en 2017. 

Le monde du travail particulièrement ciblé

Le harcèlement, ou du moins sa prise de conscience, est bien plus présent en entreprise :  46% des femmes et 65% des hommes le craignent sur leur lieu de travail., contre respectivement 29% et 33% en 2017. A l'inverse, les lieux publics, la rue ou les transports sont jugés plus sûrs.

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Quid de la séduction ?

"Pensez-vous qu'il est encore possible de draguer sur le lieu de travail ?" ? En 2017, 85% des femmes et 78% des hommes interrogés pensaient que non. En 2018, les tendances s'inversent : les femmes sont dorénavant 76% et les hommes 87% à déclarer la drague possible en entreprise. Les femmes sont même 67% et les hommes 85% à avouer qu'ils oseront le faire en toute sérénité en 2018. 


> Sondage réalisé par e-mailing auprès de 4,5 millions de candidats actifs sur la base Qapa.fr en octobre 2017 et en octobre 2018. Toutes les informations mises en avant sont déclaratives. 

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