"C'est une trahison" : Bridgestone ferme son usine de Béthune, 863 emplois menacés

"C'est une trahison" : Bridgestone ferme son usine de Béthune, 863 emplois menacés
Emploi

CRISE - Le fabricant japonais de pneus Bridgestone a annoncé mercredi la fermeture de son usine de Béthune, dans le Pas-de-Calais. Le groupe invoque notamment une surcapacité de production en Europe. Une décision vivement critiquée par le gouvernement.

Inquiétude pour l'emploi dans le Pas-de-Calais. Le manufacturier japonais Bridgestone, spécialisé dans la fabrication de pneumatiques pour voitures, va fermer définitivement son usine de Béthune, qui emploie 863 personnes, a appris l'AFP mercredi auprès de la direction. Invoquant une surcapacité de production en Europe et la concurrence des marques asiatiques à bas coûts, le groupe assure vouloir limiter au maximum le nombre de licenciements grâce à des mesures de pré-retraite, de reclassement interne ou externe des salariés, et la recherche d'un repreneur pour son site.

"Ce n'est pas une décision que nous avons prise à la légère", a déclaré Laurent Dartoux, président et directeur général de Bridgestone Europe Afrique et Moyen-Orient. "Des problèmes de marché structurels nous amènent à prendre des mesures structurelles pour préserver la viabilité des opérations de l'entreprise", a-t-il expliqué. Dans un communiqué, Bridgestone a précisé avoir informé les salariés ce mercredi matin. La fermeture pourrait intervenir à partir du "deuxième trimestre 2021", selon le groupe.

Le gouvernement demande l'étude de scénarios alternatifs

"C'est un choc, mais aussi une décision incompréhensible et brutale, et une trahison de la confiance que l'État et la Région ont placé en Bridgestone", a réagi le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à l'issue du Conseil des ministres. "Bridgestone doit aujourd'hui assumer ses responsabilités plutôt que de chercher des prétextes", a-t-il ajouté, estimant que "c'est l'entreprise qui a sous-investi dans le site de Béthune au profit d'autres sites", et qui "a été incapable d'instaurer les conditions d'un dialogue social sain".

La ministre du Travail Elisabeth Borne, sa collègue déléguée à l’Economie Agnès Pannier-Runacher et le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand avaient auparavant exprimé "leur désaccord total face à cette annonce". Dans un communiqué commun, ils ont demandé l'étude de "scénarios alternatifs" à la fermeture du site. Se disant "pleinement conscient des conséquences sociales d'un tel projet", le groupe japonais s'est engagé pour sa part "à mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires pour définir un plan d'accompagnement adapté à chaque employé".

L'usine de Béthune, qui produit des pneumatiques pour l'automobile sous les marques Bridgestone et Firestone, connaît des difficultés de longue date. Elle est "la moins performante" parmi la dizaine d'usines du groupe en Europe, affirme la direction. En une décennie, ses effectifs ont chuté de 40%, au même rythme que ses volumes de production (passés de 8,5 millions d'unités à 5,1 millions) dans un marché stable.

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Cette annonce intervient près d'un an après la décision du concurrent français Michelin de fermer son usine de pneus de La Roche-sur-Yon (Vendée) qui employait 619 salariés et son site de Bamberg (858 salariés), dans le sud de l'Allemagne. Le groupe Continental a par ailleurs annoncé mardi la fermeture de son usine de pneus à Aix-la-Chapelle, dans l'ouest de l'Allemagne, où 1.800 personnes sont employées.

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