Près d'un salarié sur deux en chômage partiel : atteint-on un palier ?

Près d'un salarié sur deux en chômage partiel : atteint-on un palier ?
Emploi

CHÔMAGE - La ministre du Travail Muriel Pénicaud a annoncé lundi que 9,6 millions de salariés étaient actuellement au chômage partiel, soit près d'un salarié du privé sur deux. Elle a appelé les chefs d'entreprise à reprendre leur activité s'ils le pouvaient.

Un nouveau décompte avec des chiffres toujours plus importants. "Ce matin, ce sont 9,6 millions de salariés qui gardent leur contrat de travail, sont au chômage partiel mais dont le salaire est payé par l'Etat", a indiqué la ministre du Travail Muriel Pénicaud sur RTL, évoquant une "situation tout à fait hors du commun, qu'on n'a jamais connue en France". "On est quasiment à un salarié sur deux dans le secteur privé dans le pays".

Au rythme où s’égrènent les chiffres, la barre des 10 millions de salariés en chômage partiel pourrait être atteinte dans la semaine. Le dispositif, que le gouvernement a ouvert comme jamais, tant en matière de personnes concernées (ouverture aux cadres au forfait, aux intérimaires, aux VRP) que de prise en charge, coûte 24 milliards d’euros pour trois mois, à la charge de l’Etat pour les deux tiers et de l’Unedic pour un tiers. 

Pourtant, malgré ces hausses quotidiennes, on peut penser qu’un "seuil", ou en tout cas un plateau est en passe d'être atteint. Le volume de demandes d’autorisation s’infléchit légèrement au fil des jours, sans doute dû au fait que les entreprises qui prévoyaient d'avoir recours au dispositif ont effectué leur démarche. 

Ce dispositif, un des piliers de la politique de soutien du gouvernement à l’économie, ne va pas se clore avec la fin du confinement. "Le 11 mai, on ne ferme pas le chômage partiel, sinon il y aurait des catastrophes", déclare ainsi la ministre Muriel Pénicaud. "Mais ça va être dégressif, au fur et à mesure que l'activité reprend, on a besoin de moins de chômage partiel " Par exemple, si un chef d'entreprise qui a 100 salariés demain retrouve de l'activité, du marché, qui lui permet de rappeler 20 de ses salariés (…), à ce moment-là on continuera le chômage partiel sur 80 (salariés, NDLR), ça pourra être dégressif en proportion de la remontée de l'activité. C'est important car ça permet de ne pas être dans le tout ou rien", a affirmé la ministre.

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Muriel Pénicaud a également incité les chefs d'entreprise à relancer leur activité, "s'ils le peuvent, c'est-à-dire s'ils retrouvent des marchés, s'ils mettent en place les guides de bonnes pratiques en terme de santé et de sécurité qu'on a fait secteur par secteur". En respectant ces guides, au nombre de 31 pour l'instant, "vous respectez vos obligations de sécurité des salariés, donc vous êtes dans les clous" et cela permet "aux salariés de se dire 'je peux aller en sérénité travailler'".

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