Bonus-malus sur les contrats courts : le patronat claque la porte des négociations sur l'assurance-chômage

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PORTE CLAQUÉE - La confirmation par Emmanuel Macron de son soutien à la mise en place d'un bonus malus, branche par branche, sanctionnant les entreprises recourant démesurément aux contrats courts, a piqué le patronat, dont les trois organisations représentantes ont freiné, à des degrés divers, leur participation aux négociations sur l'assurance-chômage.

C'est un point auquel le gouvernement tient particulièrement mais qui hérisse les représentants des entreprises. La mise en place du bonus-malus contre les contrats courts aura eu raison - en tout cas temporairement - de négociations bien mal embarquées entre partenaires sociaux. En effet, le Medef, la CPME et l'U2P, les trois organisations patronales représentées face aux centrales syndicales, ont annoncé qu'elles freinaient des quatre fers à cet égard.


Les deux premières ont suspendu leur participation, quand la dernière a recommandé "un report" de la prochaine réunion, ce jeudi, annonçait son président à Capital.

"Si la fin de l'histoire est écrite..."

Un timing qui ne doit rien au hasard. Alors que le gouvernement a envoyé aux partenaires sociaux une lettre de cadrage fixant à une fourchette de 3 à 3,9 milliards les économies à faire faire à l'assurance-chômage, la mise en place d'un système de bonus-malus pour décourager le recours aux petits contrats était une ligne rouge à ne pas franchir pour le patronat, qui ne s'en cachait d'ailleurs pas. Pas de quoi émouvoir l'exécutif, de la ministre du Travail Muriel Pénicaud à Emmanuel Macron qui, jeudi 24 janvier à Bourg-Le-Péage, avait renouveler son soutien à cette réforme : "Je souhaite qu'on aille au bout, branche par branche, parce que c'est vertueux."


Malgré les précautions du chef de l'Etat, qui a pris soin de ne viser que "les entreprises qui s'habituent à prendre des gens qu'elles ne vont pas former dans l'entreprise", le chiffon rouge avait été agité une fois de trop. Ce que le Medef a regretté dans un communiqué : "Le président de la République vient d'intervenir publiquement, semblant indiquer que le bonus malus se mettra en place, quelque soit le résultat de la négociation". Même son de cloche du côté de la Confédération des petites et moyennes entreprises, qui exige "un éclaircissement de l'exécutif" et dont le patron François Hommeril s'est exprimé ainsi sur Twitter : "Si la fin de l'histoire est écrite, autant qu'Emmanuel Macron écrive le reste". 

Restent alors, face à eux, les syndicats qui, eux, soutiennent la réforme. Et qui, de leur côté, ont fort à défendre du côté de la dégressivité de l'assurance-chômage, l'autre objectif annoncé par le gouvernement. Signe que les demandes du gouvernement ne satisfont pas grand monde, le négociateur de la CGT Denis Gravouil avait tout simplement déchiré la lettre de cadrage en novembre dernier. Après le départ des organisations patronales, FO a signifié dans un communiqué son inquiétude de voir, face à l'attitude du gouvernement, disparaître le paritarisme. 

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