BOOSTE TA CARRIÈRE - Qu'est-ce qui fait la différence pour réussir ? Quatre erreurs à éviter et trois talents à cultiver

Emploi

ÉPISODE 6 - Dans ce nouveau rendez-vous de notre rubrique Work, François Thibault, consultant en leadership et "soft skills", propose ses conseils pour "booster" votre carrière. L’idée ? Vous donner des pistes de réflexion, notamment dans le cadre d'une recherche d'emploi. Aujourd'hui, il se penche sur les erreurs à ne pas commettre et les compétences à cultiver pour réussir.

Comment expliquez-vous que certaines personnes talentueuses n’aient pas la carrière qu’on pouvait leur prédire ?  Comment se fait-il que d’autres réussissent contre toute attente ? Par exemple, comment  François Pinault a réussi à monter un empire alors qu’il a arrêté l’école à 16 ans ? Comment Fabrice Luchini, apprenti coiffeur, a-t-il pu avoir une telle carrière dans le cinéma et le théâtre ?  

Qu’est-ce qui fait la différence ? Quelles sont les compétences qui permettent de réussir sa vie, sa carrière, sa recherche d’emploi ? Quelles sont les erreurs que la plupart d’entre commettons ?  Je vais répondre à ces questions.

Clarté, confiance, conscience

Les études sur la réussite sont légion et de nombreux ressorts permettent de l’activer. Par "réussite", j’entends la capacité à atteindre ses objectifs, quels qu’ils soient. C’est une alchimie qui dépend aussi bien de la façon de penser, d’agir et de communiquer.

Certaines personnes changent le monde, on les appelle les "change-maker". L’observation des qualités qui leur ont été nécessaires pour changer leur destin, et parfois celui des autres, m’a permis de faire une découverte. Elles ont toutes fait appel aux mêmes compétences. J'appelle cela les "change-maker skills", car elles permettent d’améliorer ses résultats. Ce sont la clarté, la confiance, la conscience.

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Définitions

Laissez-moi vous définir les termes : 

> La clarté est la capacité à rendre "limpide" selon le dictionnaire. Quand c’est clair, nous avons le sentiment d’être sur la bonne voie.

> La confiance est la capacité à passer à l’action, malgré les doutes. Ce n’est pas être sûr de soi. C’est agir, sans garantie du résultat, mais agir

> La troisième compétence va sans doute vous paraître abstraite. C’est ce que j’appelle la conscience. Par "conscience", j’entends la capacité à maîtriser son attention, à être concentré sur ce que l’on fait, ce que l’on dit, ce que l’on pense. Quand nous sommes conscients, nos cinq sens sont connectés ensemble. Nous sommes focalisés, ce qui est difficile aujourd’hui avec toutes les distractions externes (technologie, marketing, les autres personnes...) et internes (le vagabondage des pensées, le fait de passer en mode multitâches...).

Pour bien comprendre l’importance de cette compétence, pensez à des moments comme quand vous êtes au téléphone tout en lisant vos mails, quand vous regardez la télévision tout en mangeant. Vous n’êtes alors pas présent à ce que vous faites. Au contraire, quand vous voyez un panneau "attention zone de radar", votre attention (vos cinq sens) sont alors présents et concentrés.  Vous êtes alors à plein potentiel.

Les erreurs

Traditionnellement, nous commettons l’une ou plusieurs de ces quatre erreurs, ce qui nous empêche d’avancer vers nos objectifs :

#1 - Nous manquons de clarté dans nos objectifs, les raisons de les atteindre. Et nous en parlons peu autour de nous de nos projets.

#2 - Nous manquons de confiance. Nous voulons que toutes les conditions soient réunies pour nous lancer. Cet excès de perfectionnisme nous retarde et peut être une source de regret

#3 Nous nous laissons facilement divertir. Selon une étude d'Harvard, 47% de notre temps, nous ne sommes pas concentrés sur ce que nous faisons. La capacité à maîtriser son attention, donc la conscience, est une solution. 

#4 Nous sommes occupés, pas productifs. Nous travaillons beaucoup, répétons nos efforts, mettons beaucoup d’énergie. Et malgré cela, les résultats ne sont pas là. Être productif, c’est se rapprocher de ses objectifs en activant les 5 leviers que vous pouvez retrouver ici.  Une étude menée par l’institut Franklin-Covey le confirme : 41% du temps n’est pas passé sur les tâches importantes.

En vidéo

Grand format : la confiance en soi, ça se travaille !

Ce que nous voulons

Laissez moi vous donner deux exemples pour illustrer comment un échec se déroule. 

Prenons un exemple simple à comprendre :

Marie veut un pantalon qui lui va. Elle ne sait pas vraiment ce qui lui va. Elle se balade dans les rayons en attendant que le coup de cœur arrive. Une promotion attire son œil, elle s’approche. Mais non, cela ne lui plaît pas. Elle laisse alors le hasard décider, donc le marketing. Cela fait deux heures qu’elle cherche. Fatiguée, ne voulant pas rentrer sans rien, elle essaye un jean noir. La vendeuse lui dit qu’il lui va bien, alors elle l’achète. Arrivée chez elle, elle se rend compte qu’elle en a déjà deux quasiment identiques.

Dans cet exemple, Marie manque de clarté dans son objectif, de confiance dans son choix. Elle se laisse alors diriger par le marketing ou les vendeuses. Son attention n’a pas de but clair, donc elle se laisse influencer, inconsciemment.

Voici un autre exemple :

Mathilde veut changer de travail (pas clair). Quand on lui demande pourquoi, elle répond qu’elle en a marre (un pourquoi pas très puissant). Alors, elle ne fait rien et attend qu’une opportunité se présente. (Ici, un objectif peu clair + un manque de raison de l’atteindre sont les raisons du statu-quo).

C’est ainsi que la plupart d’entre nous fonctionnons. Nous manquons de clarté sur ce que nous voulons, ce qui nous rend peu sûr de nous ou de notre projet. Et nous nous laissons facilement influencer, sans nous en rendre compte.

Passer à l'action

François Pinault et Fabrice Luchini n’ont pas commis ces erreurs, en tout cas pas deux fois. 

Dans sa biographie, François Pinault explique qu’il savait exactement ce qu’il voulait. Il voulait reprendre l’entreprise familiale, mais pas seulement. Il voulait la faire grandir. C’est la raison pour laquelle il a quitté l’école si tôt. Cela prouve que ce qui fait avancer ce ne sont pas les diplômes, mais la clarté de ce que vous voulez et pourquoi vous le voulez. Fabrice Luchini a quant à lui affirmé qu’il avait toujours manqué de confiance en lui, que le trac était présent à chaque fois qu’il devait interpréter un rôle, mais qu’il décidait d’y aller quand même. 

Cela explique pourquoi des personnes brillantes ont une carrière décevante. Elles n’ont pas su passer au-delà de leur doute, par peur, par perfectionnisme ou à cause du regard que les autres porteront s’ils échouent. Cela prouve que pour changer ses résultats, il faut passer à l’action malgré les incertitudes. C’est cela, la confiance. Et cela explique pourquoi c’est une "change-maker skills". Elle rend le changement possible.

Fabrice Luchini racontait aussi qu’il devait à certains moments apprendre 10 pages de texte pour le lendemain. Dans ces cas-là, il ne laissait rien le divertir. Il était concentré, s’observait dans le miroir parler pour appréhender le rôle. Il était totalement à ce qu’il faisait. A l'opposé, cela lui est arrivé en une journée de ne pas réussir à apprendre une page, car trop de distractions l’entouraient. 

Cela prouve que lorsqu’on est concentré à ce que l’on fait, et pleinement conscient de ce qui est important, on avance plus vite et mieux.

Faites-vous confiance et soyez conscients

Et voici le meilleur : rien de tout cela ne vous est inconnu.  Vous l’avez déjà fait. Vous savez déjà le faire.

Si vous observez ce que vous avez vraiment voulu avoir dans votre vie -que cela soit un job, un objet, effectuer le voyage de vos rêves ou, plus simplement, une "envie" d’aller au cinéma voir tel film ou une envie de fraises- vous remarquerez que vous avez fait appel à ces trois "change-maker skills" : clarté, conscience, confiance. 

Si je devais résumer la puissance de ces trois "soft skills", je le ferais ainsi :

La clarté éclaire les choix, limite les doutes et incompréhensions. La confiance permet de passer à l’action, malgré les doutes. La confiance n’a pas besoin du jugement des autres. La conscience agit sur les actions et priorités. La conscience permet d’être présent à ce que l’on fait et dit. Les actions dépendent de nos choix. Elles déterminent nos résultats et la qualité de vie. La qualité de vie est le résultat des choix qui dépendent de la clarté, la confiance et la conscience.

Pour réussir votre carrière, soyez persuadés que les diplômes sont un atout, certes. Mais soyez d’abord clairs, faites-vous confiance et soyez conscients et focalisés sur les cinq actions les plus impactantes pour générer des résultats.

Votre challenge :

#1  - Quels sont vos deux tops objectifs de l’année (ceux qui feront que vous vous direz dans 1 an que ce fut une bonne année).

#2 -  Pourquoi vous voulez l’atteindre ?  Evaluez de 1 à 10 votre volonté de l’atteindre (10 étant le maximum).

#3 - Identifiez les 5 actions qui ont le plus de chances d’avoir un impact pour vous rapprocher de cet objectif.

> Retrouvez les conseils de François Thibault sur son site FT Conseil et sur sa chaîne Youtube

> Retrouvez l'épisode 5 : Vous n'êtes pas assez sûr de vous ? Voici comment rebâtir votre confiance et tous les articles de François Thibault dans notre rubrique Booste ta carrière

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