300 milliards d’euros pour aider les entreprises à traverser la crise : un "Plan Marshall" sans précédent

300 milliards d’euros pour aider les entreprises à traverser la crise : un "Plan Marshall" sans précédent
Emploi

PRÊTS RELAIS - Face à la baisse brutale de l’activité économique, Bercy et Bpifrance ouvrent les vannes d’aides d’urgence, pour des entreprises de toutes tailles. Une perfusion massive d’argent frais - 300 milliards d'euros -, qu’il faudra cependant le plus souvent rembourser, une fois la crise passée.

C’est comme un Plan Marshall, un plan de sauvetage massif, ouvert à tous ou presque. Au total, trois cent milliards d’euros d’aides de toutes sortes, mais des aides qui en fait ne coûteront pas ce prix-là au budget du pays.

Ce qu'ont lancé ces derniers jours Bercy et Bpifrance (la Banque publique d'investissement, détenue à parts égales par l'Etat et la Caisse des Dépôts ), c’est une thérapie de choc, du financement de crise à très haut débit, comme une banque de dernier recours qui ouvrirait sa caisse aux entreprises en remettant à plus tard le jour des comptes. En d'autres termes, de l’argent public pour maintenir des entreprises à flot, en attendant qu’elles ne reprennent leur souffle.

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Surtout, tout semble avoir été fait pour simplifier les demandes. D’abord sur le spectre des entreprises concernées. Et pour cause, elles le sont toutes. Du fleuron du CAC 40 au micro-entrepreneur, tous peuvent réclamer l’une des aides proposées. Seule différence : si les grandes entreprises iront chercher leurs aides directement à Bercy, les plus petites pourront le faire au travers de leur banque habituelle. De son côté, celle-ci verra les prêts accordés garantis par Bpifrance à hauteur de 90%. Idem pour les prêts en cours et les découverts bancaires. De l’argent mobilisé, mais en garantie seulement et qui ne sortira des caisses de l’Etat qu’en cas de défaillance, malgré les aides.

En parallèle, Bpifrance offre des prêts sans garantie, remboursables sur trois à cinq ans, de 10.000 euros pour les TPE et micro-entrepreneurs, jusqu'à cinq millions d'euros pour les PME, voire plusieurs dizaines de millions pour les entreprises de plus grande taille. Un calcul dont la base a été largement simplifiée. Les entreprises peuvent ainsi prétendre à l’équivalent de 25% de leur chiffre d’affaires 2019, l’équivalent de trois mois de trésorerie. Devant l'urgence, la banque promet une réponse en cinq jours maximum. À ce jour, ce sont plus de 21.000 structures qui ont eu recours à ces prêts, dont la moyenne tourne autour de 135.000 euros.

Si la puissance publique lance des aides d’une telle largesse, c’est pour plusieurs raisons. D’abord, pour s’assurer que le trou d’air que traverse l’économie ne débouche pas sur des faillites par milliers. Elle auraient en effet un coût :  créances effacées, charges abandonnées et indemnités de chômage pour les salariés licenciés. Il est donc plus simple, plus rapide, et même parfois moins cher de financer la crise plutôt que de devoir faire repartir une économie diminuée. Autre détail qui n’en est pas un : tout cela arrive à un moment où l’Etat lui-même peut se financer à taux nuls ou presque. 

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Un calcul différent pour les startups

Le dispositif a aussi pensé aux sociétés qui n'ont pas encore de chiffre d'affaires ou dont ce dernier ne reflète pas le niveau d'activité. C’est le cas, pour beaucoup, des startups, de jeunes sociétés financées par leurs investisseurs. Pour elles, Bpifrance a ajusté les conditions d’entrée dans le dispositif : au lieu de calculer le montant du prêt sur le chiffre d’affaires, elles pourront se baser sur leur masse salariale ou choisir l’un ou l’autre des deux modes de calcul.

En outre, le ministre de l'Economie s’est engagé à rembourser très rapidement les divers crédits d’impôts offerts aux sociétés innovantes, des sommes qui ne leur seraient arrivées que beaucoup plus tard en temps normal. Idem pour certaines aides à l’innovation, qui seront payées en avance. En outre, toutes ces sociétés pourront, comme les autres, différer le paiement de la TVA, des charges sociales et du reste. Des ardoises à régler une fois la crise passée, un horizon encore bien lointain.

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