C'est quoi, aujourd’hui, être cadre ? Les principaux concernés répondent à la question

C'est quoi, aujourd’hui, être cadre ? Les principaux concernés répondent à la question
Emploi

ÉTUDE - Alors que le nombre de cadres en France a doublé en 30 ans, et que leur métier se transforme en profondeur, l'Apec s’est penchée sur les représentations associées à la fonction.

Qu’est-ce donc qu’être cadre ? Qu’attend-on d'eux ? Qu’est-ce qui les caractérise ? Questions quasi existentielles qu’a décidé d’explorer l’Apec (Association pour l'emploi des cadres) dans sa dernière étude, en sondant cadres et jeunes diplômés sur les représentations associées à la fonction. 

La question qui leur a été posée est simple : "Quels sont les trois premiers mots qui viennent à l'esprit pour définir un cadre ?" Le premier terme qui ressort est "responsabilité" (pour 40% des cadres et 34% des jeunes diplômés interrogés). Assez paradoxalement, relève l'étude, la majorité des cadres n’exerce pourtant pas aujourd’hui de responsabilité hiérarchique. Soit parce qu’ils animent des équipes projet sans lien hiérarchique (22%), soit parce que leurs fonctions n’intègrent pas de composante d’animation d’équipe (33%). D’ailleurs, rares sont les sondés qui utilisent le terme "encadrement" : ils lui préfèrent celui de "management". Un "glissement sémantique qui, au-delà de l’effet de mode, traduit l’évolution des responsabilités des cadres", note l'étude.

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A côté de cela, les sondés citent spontanément des termes faisant référence aux avantages ou aux inconvénients de la fonction. Côté avantages : l'"intérêt financier", une forme d’"épanouissement", ou encore de "meilleures perspectives d’évolution". Ces avantages sont d'ailleurs plus présents dans l'esprit des jeunes diplômés, sans doute encore peu confrontés à la réalité quotidienne. Les inconvénients auxquels les cadres font spontanément référence sont la "charge de travail" ou les "horaires", mais aussi le "stress" ou la "pression". "Les représentations des cadres font ainsi apparaître en filigrane un enjeu de qualité de vie au travail et donc de maintien de l’attractivité des postes de cadres", indique l'étude.

Autre trait fort qui ressort, l’impératif de polyvalence associé désormais à la fonction. Le contexte, aujourd'hui, fait que les cadres sont confrontés à de multiples problématiques comme la transition énergétique, l’inflation réglementaire, l’impératif d’innovation, la transformation numérique, ou encore les nouvelles formes d’organisation du travail. Au point que pour 3 cadres sur 4, la polyvalence est désormais plus importante que l’expertise.

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Jongler entre les compétences

La dimension d'expertise n’a pour autant pas disparu. Pour 9 cadres sur 10, elle continue à faire partie des missions prioritaires, mais cumulée à d'autres responsabilités, comme le fait de prendre des décisions et de les faire appliquer, ou d’organiser le travail au sein d’une équipe. Sauf que concilier polyvalence et expertise est loin d’être simple, au point que c'est le principal défi auquel sont confrontés les cadres, devant le fait de jongler entre les modes d'organisation ou de collaborer au sein d'équipes pluridisciplinaires...

Être cadre nécessite, enfin, d'avoir un panel élargi de compétences : à la fois la maîtrise des savoir-faire métiers, toujours indispensable (et la plus importante pour 72 % des cadres), mais aussi des qualités personnelles, notamment l'organisation (66 %), l'adaptabilité (60 %) et l'écoute (54 %).

 

> Méthodologie : une même question ouverte était posée aux cadres (4 011 personnes) et jeunes diplômés (563 individus) : "En pensant à ce que cela évoque pour vous d'occuper un poste de cadre, quels sont les trois premiers mots qui vous viennent à l'esprit ?". Elle était complétée pour les cadres en poste par des questions portant sur leur activité et les compétences nécessaires à la réalisation de leurs missions.

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