Camaïeu, La Halle, Alinéa, Naf Naf... Ces entreprises ébranlées par la crise du Covid-19

Le marché du textile se porte mal depuis longtemps. Les enseignes qui sont actuellement en difficulté l'ont déjà été avant l'épidémie. Camaïeu compte 634 magasins en France. Comment expliquer son déclin ?

COMMERCE - De Camaïeu à La Halle en passant par Alinéa, nombreuses sont les enseignes françaises qui subissent de plein fouet la crise sanitaire et les effets du confinement, après avoir été fragilisées par les Gilets jaunes et les grèves.

La crise du coronavirus a précipité plusieurs entreprises françaises, dont certaines étaient déjà en difficulté, dans des faillites ou restructurations lourdes de conséquences sur l'emploi. Victime directe de la crise du Covid-19 selon sa direction, l'entreprise de prêt-à-porter Camaïeu, spécialiste de l'habillement féminin qui emploie 3.900 salariés en France, dont 450 au sein de son siège social à Roubaix (Nord), a ainsi été placée mardi en redressement judiciaire. "Nous cherchons un repreneur pour qu'il y ait une continuité de l'activité et donc qu'il n'y ait pas 4.000 salariés qui se retrouvent sur le carreau", a affirmé ce mercredi matin le ministre de l'Economie Bruno Le Maire sur Radio Classique. 

Avant Camaïeu, l'enseigne de chaussures et de vêtements La Halle (Vivarte), qui emploie plus de 6.000 salariés en France, avait été placée en procédure de sauvegarde le 21 avril.  Seulement, les offres de reprise ne sont que partielles, faisant craindre une "catastrophe sociale" aux syndicats. L'entreprise déjà fragilisée a elle aussi subi deux mois de fermeture de ses magasins pendant le confinement, après avoir déjà été mise en difficulté par les Gilets jaunes et les grèves de décembre.

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Autre enseigne Vivarte, André (600 salariés) a été mise en redressement judiciaire début avril après avoir dû fermer tous ses magasins et perdu près de 4 millions d'euros en quinze jours. Ce spécialiste des chaussures, plus que centenaire, avait été la première entreprise française victime du coronavirus, l'entreprise qui l'avait rachetée, Spartoo, pointant également les crises successives. "On a subi les Gilets jaunes", avec un trafic en baisse de 20 à 25%, "puis, en pleine période de soldes en janvier, les grèves liées à la réforme des retraites", et maintenant la pandémie de Covid-19, déplorait le PDG de Spartoo Boris Saragaglia au moment du placement en redressement judiciaire de l'entreprise.

Le tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a par ailleurs ordonné le 15 mai la mise en redressement judiciaire de Naf Naf (1.170 salariés), racheté voilà deux ans à Vivarte par un consortium mené par le groupe chinois La Chapelle. Deux offres de reprises doivent être étudiées début juin. Orchestra-Prémaman (articles pour enfants, 2.900 salariés), déjà sous procédure de sauvegarde depuis septembre 2019, est depuis fin avril en procédure de redressement judiciaire.

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Le secteur de l'ameublement est également frappé de plein fouet. L'enseigne d'ameublement Alinéa, dont le siège social est à Aubagne (Bouches-du-Rhône) et qui emploie près de 2.000 salariés, s'est notamment déclarée en cessation de paiements le 6 mai et a été placée le 13 en redressement judiciaire. Ce jeudi matin, Bruno Le Maire s'est également exprimé sur la situation de Conforama, dont la situation s'est aussi aggravée pendant le coronavirus au point que sa survie est menacée. "Nous essayons de trouver une solution financière en appelant les actionnaires à jouer aussi leur rôle", a affirmé le ministre.

"La crise a précipité les difficultés" selon Agnès Pannier-Runacher

"Beaucoup de dossiers étaient déjà en situation difficile", a assuré Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, ce mercredi matin sur LCI. "Ce ne sont pas des entreprises qui sont en train de tomber du fait de la crise, mais la crise précipite les difficultés", a-t-elle poursuivi. Avant d'indiquer que ses équipes étaient actuellement "en contact avec différents repreneurs" sur ces dossiers. "Rentrer en procédure de redressement judiciaire, c’est permettre aussi d’avoir une discussion avec les créanciers et les actionnaires et de remettre les compteurs à zéro pour permettre à l’entreprise de redémarrer. Il faut maintenant trouver les repreneurs. C’est aussi un signal d’évolution de consommation."

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