Chômage partiel ou refus des aides : les grandes entreprises françaises font des choix différents

Le quartier d'affaires de la Défense.

SOLIDARITE - Refus des aides d'Etat, baisse du salaire des dirigeants, dividendes réduits voire supprimés... De grandes entreprises françaises mettent en œuvre des stratégies de solidarité face aux conséquences économiques de la pandémie de Covid-19.

Oui, depuis le début de la crise du coronavirus, le gouvernement a ouvert les vannes du chômage partiel en étendant le dispositif à toujours plus de catégories de salariés. Objectif : éviter les licenciements massifs, tout faire pour que quand l’activité reparte, les entreprises soient prêtes. L’autre but est aussi assez clair : soutenir en priorité les petites structures, les indépendants, TPE, PME, qui ont forcément les reins moins solides.

Certains grands groupes ont cependant annoncé recourir à ce système. Dans le secteur aéronautique, Air France ou encore le gestionnaire des aéroports parisiens ADP ont ainsi mis une large partie de leurs salariés au chômage partiel, pour six mois. Chez le motoriste et équipementier Safran, près de 60% du personnel est également en chômage technique. 

Dans les transports, les salariés de la RATP et de la SNCF devraient également devenir éligibles au chômage partiel. Dans le domaine automobile, Renault, PSA et Michelin ont suspendu l'essentiel de leur production en Europe. L'opérateur de télécommunications SFR a de son côté fait une demande de chômage partiel concernant 5.000 postes, soit 40% de l'effectif. Fnac Darty a mis en place un dispositif pour plus de 80% de ses effectifs en France. Saint-Gobain a recours à des réductions d'équipes, du chômage partiel et des arrêts.

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Ne pas "peser sur les comptes publics"

A l’inverse, certains grands groupes ont annoncé leur intention de se passer des dispositifs d'aide afin de ne pas peser sur les finances publiques. L'Oréal promet ainsi de maintenir "la totalité des emplois" et "ne recourra pas au chômage partiel en France jusqu'à fin juin." Le groupe s'engage également à ne procéder "à aucun report de charges sociales ou fiscales durant cette période". Autre mastodonte du luxe, Hermès, qui a par ailleurs réduit son dividende, "maintiendra le salaire de base de ses 15.500 collaborateurs en France et dans le monde sans avoir recours aux aides publiques exceptionnelles des différents États, notamment en France en renonçant au dispositif de soutien de l'activité partielle."

Dans la finance, l'assureur Axa et la banque Société Générale ont également choisi de maintenir le salaire de leurs employés sans se tourner vers le chômage partiel financé par l'Etat. De même, dans l'énergie, le groupe Total, pourtant confronté à une chute vertigineuse des cours du pétrole brut, "ne sollicitera pas le soutien de l'Etat".

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La volonté de ces grands groupes est résumée par l'Oréal dans un communiqué : ""En cette période de crise qui touche particulièrement durement la France, le groupe tient à jouer pleinement son rôle d’employeur solidaire et d’entreprise citoyenne",  en faisant tout pour "garantir la santé et la sérénité financière de nos collaborateurs sans peser sur les comptes publics, afin que l’Etat puisse venir en priorité en aide aux entreprises qui en ont le plus besoin".

Car rode, par ailleurs, la crainte des abus. Le gouvernement a rappelé en début de semaine les sanctions contre les fraudeurs. Et c’est aussi une sorte d’appel au civisme qu’a passé Laurent Berger, le leader de la CDFT ce jeudi, sur France info : "Il faut aussi que des entreprises qui n'ont pas à faire de chômage partiel, qui peuvent s'organiser en télétravail puissent le faire", a-t-il dit, citant en exemple SFR, qui  "a fait une demande de mise en activité partielle de 5.000 salariés, 50 % de l'ensemble de l'effectif. Mais il y a aujourd'hui une volonté très claire de préserver les résultats de l'entreprise sur le dos la collectivité. Alors que cette entreprise pourrait s'organiser autrement. Il faut aussi faire attention à ce que certaines entreprises, (...), n'abusent pas non plus de dispositifs de chômage partiel."

Ceux qui réduisent les salaires des dirigeants

Parmi les autres gestes fort, Sodexo, leader de la restauration de repas, met en place un programme mondial de soutien aux collaborateurs sur sites les plus vulnérables, financé par les contributions des principaux dirigeants du groupe pour un montant de 30 millions d’euros. Plusieurs dirigeants ont par ailleurs indiqué qu’ils renonçaient à une partie de leur salaire : la présidente et le directeur général divisent leur salaire par deux pendant les six prochains mois ; les membres du Comité exécutif renoncent à 10% de leur salaire fixe sur les 6 prochains mois, ainsi qu’à leur rémunération variable annuelle, tout comme les 200 principaux dirigeants, répartis sur l’ensemble des géographies et segments et activités, pour alimenter ce programme

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La Chronique éco : 1 salarié sur 5 en chômage partiel

Ceux qui stoppent les dividendes

Un autre geste demandé par le gouvernement est mis en place par des grandes groupes : la suppression des dividendes. Beaucoup suivent cette recommandation : les banques Natixis et Société Générale, Airbus, Safran, Engie ont par exemple annoncé que ceux prévus pour 2019 ne seraient finalement pas proposés. Crédit Agricole met le sien de côté, renvoyant à des décisions à l'automne. L'opérateur de transports Transdev, contrôlé publiquement via la Caisse des dépôts, a annoncé mercredi un renoncement semblable contrairement à ce qu'il envisageait initialement. L’année sera blanche également pour les dividendes chez JCDecaux, Tarkett, Autogrill, Auchan Holdings et Altice Europe. Dans le BTP, Eiffage et Bouygues, ainsi que ses filiales TF1 et Colas, n'en proposeront pas.

En revanche, d’autres les maintiennent , comme Publicis, ou STMicroelectronics -, et d’autres les réduisent - Veolia, géant de la distribution d'eau va les diviser tout comme Michelin.

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