Congé de 12 jours au décès d'un enfant : le Medef demande un nouveau vote après le refus de l'Assemblée

GGeoffroy Roux de Bézieux.
Emploi

REBONDISSEMENT - Jeudi, l'Assemblée avait retoqué d'extrême justesse une proposition de loi du groupe UDI-Agir visant à instaurer un congé de deuil de 12 jours plutôt que les 5 actuels pour les parents ayant perdu leur enfant. Surprise ce vendredi : le Medef demande un nouveau vote.

Le nombre de jours de congé accordés aux parents endeuillés sera-t-il finalement allongé ? Jeudi, l’Assemblée a retoqué de justesse une proposition de loi qui visait à instaurer un congé de deuil de 12 jours pour les parents qui perdent un enfant, au lieu des 5 actuellement prévus par la loi. 

Un des arguments invoqués par la ministre du Travail Muriel Pénicaud était notamment le coût de cette mesure, "supporté à 100% par les entreprises". La député LREM Sereine Mauborgne avait même lancé dans l’hémicycle, suscitant de vives protestations : "Quand on s'achète de la générosité à bon prix sur le dos des entreprises, c'est quand même un peu facile". Les partisans de la mesure avaient alors dénoncé une "honte" et une "mesquinerie" de la majorité. Et l'octroi de douze jours de congés, demandé par le groupe centriste UDI-Agir, n'avait été rejeté que par 40 voix contre 38.

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Mais le patronat, visiblement, est plus généreux que ne paraissait le penser la ministre du Travail. Il semble disposé à faire le geste. L’annonce est venue de Twitter. Elle a d’abord été initiée par l’ancienne présidente du Medef, Laurence Parisot, qui a écrit que l'organisation patronale "s'honorerait à demander un nouveau vote de cette proposition". Une initiative aussitôt reprise par l’actuel président Geoffroy Roux de Bézieux : "C'est une évidence et c'est lancé".

Il est vrai que jeudi, le retocage de cette proposition a fait vivement réagir, l'Assemblée nationale se contentant d'autoriser le don de RTT entre collègues lors du décès d'un enfant, comme cela existe déjà pour les parents d'enfants malades. Les partisans de l'extension du congé de deuil des parents, de tous bords politiques, ont donné de la voix pour dire leur "honte" du refus de la majorité de l'étendre. "On parle de la tragédie des tragédies", "douze jours, je pensais que ça passerait comme une lettre à la poste", a lancé l'insoumis François Ruffin, dénonçant une majorité "mesquine". Tandis que l'ex-LREM Agnès Thill a raillé "une humanité à géométrie variable" chez ses ex-collègues, Jean-Christophe Lagarde (UDI-Agir) a dit son "incompréhension", estimant que ce congé devait être "pris en charge par la nation" et pas renvoyé à des dons entre collègues. 

La proposition, à la base, était portée par le centriste Guy Bricout, et se voulait "une proposition de bon sens" : "Cinq jours, c’est peu", avait insisté le député en présentant sa proposition en commission."Je dirais même plus, c’est cruellement insuffisant. Il faut en réalité bien plus de temps pour faire face au décès d’un enfant", expliquait-il. Selon lui, cette prise en charge ne serait pas pesante pour les entreprises : "On compte plus de 500.000 congés paternité par an. A titre de comparaison, on compte 4500 décès d’enfants mineurs par an."

Les exemples étrangers confirment la tendance : en Suède, les salariés bénéficient d’un congé de 10 jours ; le Royaume-Uni, depuis septembre 2018, accorde deux semaines de congé. "Je crois que la France se grandirait en se montrant généreuse sur ce point", avait conclu le député. "Ce serait plus juste, plus respectueux des parents, plus digne." L'Assemblée nationale ne l'a pas écouté, le Medef si. A voir quelle suite sera donnée à ce nouveau rebondissement.

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