Coronavirus : pour remplir leurs chambres désertées, ces hôtels les transforment en bureaux

Coronavirus : pour remplir leurs chambres désertées, ces hôtels les transforment en bureaux
Emploi

INITIATIVE – Certains hôtels, qui ont vu leurs réservations s’effondrer avec le confinement et la crise du coronavirus, développent une solution… insolite pour remplir leurs chambres.

En une journée, toute leur clientèle a disparu. Pour les hôtels, le confinement a été particulièrement difficile : ils ont subi de plein fouet les annulations en rafale, se sont retrouvés avec des dizaines de chambre vides. Alors certains, pour rouvrir, ont trouvé une idée : surfer sur la clientèle de professionnels en déplacement, ou en télétravail, en proposant une chambre d’hôtel pour venir travailler.

Nécessité de se réinventer

C’est ce qu’a fait l’hôtel Mondial, un trois étoiles situé à Perpignan. Leur carnet de commande, rempli pour l'été, s'était vidé avec la crise sanitaire: les Allemands et les Espagnols qui devaient venir en juillet se sont tous désistés au mois de juillet. Pendant le confinement, l’hôtel a accueilli les infirmières, des travailleurs du coronavirus. Mais aujourd’hui, il a fallu se réinventer. C’est ce qu’a fait la propriétaire Mathilde Raspaud, qui a transformé 14 de ses 41 chambres en "easy room", ou "coworking room" : dans chaque chambre, ont été installés des tables permettant de travailler, un ordinateur écran plat, une multiprise, une lampe, voire une machine à café disponible. 

Et pour 20 euros la demi-journée, vous pouvez venir y travailler, que ce soit seul, pour bénéficier d’un endroit avec un bon réseau, ou à deux ou trois, pour tenir une réunion ou un entretien, participer à une visio-conférence ou mener un cours individuel...  Le principe peut donc séduire télétravailleurs, mais aussi les indépendants et les professions libérales.

A Bressuire, dans les Deux-Sèvres, l’hôtel Plume a lui aussi subi de plein fouet le confinement, en perdant d’un coup toute sa clientèle familiale, qui venait au Puy du Fou, au Futuroscope, ou du Marais poitevin. Les parcs ont été fermés, les spectacles annulés, les tours opérateurs ont annulé leurs réservations. Le patron de l’hôtel a mis quatre des six salariés au chômage partiel. 

Alors, pour rouvrir ce lundi, le propriétaire a fait le même choix : des hôtels bureaux. "C’est un pari", reconnaît Pierre-Jean Drouillard dans La Nouvelle République. "Je le fais aussi pour aider les entreprises à redémarrer. Elles ont été fermées pendant deux mois et elles vont devoir réunir leurs salariés". Il voit ici une alternative à la visioconférence : "Je pense que ce mode de fonctionnement concerne surtout les grandes villes et on aura toujours besoins de réunions physiques." Six des quarante chambres de l’hôtel sont déjà réservées ce lundi.

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Une opportunité pour les hôtels ?

Travailler à l’hôtel, un hôtel-bureau… Sans aller jusqu'aux chambres, ce concept, à l’heure de l’économie collaborative, de la flexibilité et du nomadisme, ne sonne pas vraiment novateur. Certains hôtels proposent déjà des espaces de coworking à une clientèle de professionnels, à mi-chemin entre le bureau et le chez-soi. A Paris, le BOB Hôtel, qui signifie "Business on Board", propose ainsi "des espaces ultra-connectés pour travailler individuellement ou en groupe, afin de stimuler la créativité et l'innovation dans votre travail, dans vos réunions professionnelles, et de rencontrer de nouvelles personnes !" Les groupes hôteliers se positionnent aussi, comme AccorHotels qui a développé son concept Easywork, "des espaces de travail, connectés et fonctionnels pour répondre aux besoins de tous les travailleurs nomades !"

Ce qu'ils proposent ? Un espace dédié au travail avec des possibilités de connexion, des imprimantes, du wifi, mais aussi des boissons chaudes, eau, viennoiseries, le tout moyennant des forfaits à l’heure, à la demi-journée ou à la journée complète.  

Une offre d'autant plus adaptée, que les hôtels sont souvent installés dans des localisations propices à la clientèle d'affaire : proche des gares, des aéroports ou de pôles économiques. Le professionnel, s’il attend un train ou est entre deux rendez-vous, peut comme ça ne pas perdre son temps. Pour les hôtels, c'est presque tout bénéf' : côté équipements, ils sont déjà bien équipés : wifi, chaises, tables ; cela leur permet aussi de rentabiliser des espaces peu exploités à certains moments de la journée. Pour l’hôtelier, c’est aussi un moyen de faire connaître son établissement à une autre clientèle, mais aussi d’attirer de nouveaux clients pour le bar et le restaurant.

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Pour l'instant cependant, l'offre est encore limitée. Mais la crise du coronavirus, les mesures sanitaires mises en place, la nécessité de conquérir une autre clientèle que touristique des hôtels, pourrait accélérer la donne. Et pour les travailleurs qui louent ces "easy room", cela offre une autre opportunité : la possibilité de faire une sieste, entre deux réunions ! 

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