"On s'estime extrêmement chanceux" : ces entreprises qui se sont développées pendant la crise

"On s'estime extrêmement chanceux" : ces entreprises qui se sont développées pendant la crise
Emploi

ECONOMIE - Une imprimerie en région parisienne, une usine de coton-tiges en Normandie, un atelier de vélo électrique dans les Vosges : trois entreprises différentes qui ont pourtant un point commun. La crise les a dynamisées.

Beaucoup d'entreprises souffrent de la crise mais pas toutes. Si les mesures sanitaires mises en place ont eu - ou ont toujours - un fort impact sur l'activité de plusieurs secteurs, d'autres s'en sortent mieux que d'autres. C'est le cas de l'entreprise Lemoine, à Caligny (Orne). Au début du confinement, la directrice de cette fabrique de produits d'hygiène en Normandie a visionné un sujet à la télévision expliquant comment sont effectués les tests, avec des prélèvements nasaux grâce à des bâtonnets que sont les écouvillons.

300.000 coton-tiges par jour

Aucune entreprise française n'en produit alors. Le groupe décide de prendre un modèle chinois et se lance dans le prototypage. "On part d'un bâtonnet standard de coton-tige qui mesure à peu près 70 mm de long et cotonné sur les deux embouts pour obtenir un bâtonnet qui en fait 150 mm et cotonné uniquement sur un embout", explique Sébastien Mauny. Une tâche qui, contrairement aux apparences, n'est pas si aisée à réaliser selon le responsable développement du groupe Lemoine : "Ça a vraiment été compliqué à faire et il a fallu être très réactif et très rapide".

Quinze jours après la sortie des premiers prototypes, le premier écouvillon "Made in France" est homologué par les autorités sanitaires. Aujourd'hui l'usine en produit 300.000 unités par jour, assez pour couvrir tous les besoins du pays. Et pour tenir le rythme ce sont une dizaine d'embauches qui vont être prévues. "Non seulement des opérateurs mais également pour renforcer nos services qualité et maintenance", précise Jeanne Lemoine, la directrice du groupe qui parle d'une "envie de reconquérir notre indépendance économique et industrielle".

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Impression des gestes barrière

Autre thème autour du coronavirus: les gestes barrière, et notamment la distanciation physique. Dans l'imprimerie Quarante Six, ni chômage partiel ni perte d'emplois, grâce à une reconversion des activités de l'entreprise. Alors qu'ils produisaient habituellement des panneaux publicitaires, les salariés fabriquent désormais des panneaux rappelant les recommandations sanitaires pour lutter contre le Covid-19. Port du masques, respect d'une distance de sécurité... 

Des stickers et des affiches, plus d'une centaine en tout, ont été conçus en une semaine et les machines adaptées pour découper également du plexiglas, très demandé en ce moment notamment pas les commerces. Un changement d'activité qui devrait perdurer "au moins jusqu'à fin août" selon Benjamin Le Pêcheur, directeur du centre de production, "les entreprises redémarrent très lentement, elles prennent énormément de précautions par rapport à cela". Un changement d'activité qui les sauve selon le responsable de l'entreprise. 

Commandes doublées et embauches

D'autres sociétés, déjà en pleine croissance, se sont développées encore plus rapidement avec la crise sanitaire comme Moustache Bikes, un fabricant français de vélos électriques installé dans les Vosges, Entre la crainte des transports en commun, les sorties en balade sans trop d'efforts ou la pollution moindre que la voiture, les arguments en faveur du vélo électrique ne manquent pas. "On s'estime extrêmement chanceux parce que c'est très compliqué économiquement pour la plupart des entreprises" reconnaît Grégory Sand, co-fondateur de la marque. "Mais en même temps on ne vole rien à personne, on est juste sur une tendance de fond qui s'affirme"

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Depuis le début du confinement, le fabricant reçoit 400 commandes par jour, soit le double de son activité avant la crise. Une bonne santé économique qui a poussé Moustache Bikes à installer au plus vite une nouvelle unité de production pour produire 12.000 vélos supplémentaires au cours de l'année. Un projet déjà prévu avant la crise qui verra donc le jour plus tôt et qui s'accompagnera d'une vingtaine d'embauche. 

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