Renault ne fermera "qu'un seul site" en France et promet qu'il n'y aura "pas de souffrance sociale"

Elle ne fermera pas : soulagement à la Fonderie de Bretagne, filiale de Renault
Emploi

PLAN - Renault, dont les difficultés ont été aggravées par la crise sanitaire, a annoncé ce vendredi matin la suppression de près de 15.000 postes dans le monde, dont 4.600 en France, dans le cadre d'un plan d'économies de deux milliards d'euros. Plusieurs usines de l'Hexagone vont faire l'objet de restructurations et le site de Choisy-le-Roi sera fermé.

La marque au losange dans une très mauvaise passe. Le constructeur automobile français Renault, en grande difficulté financière, a annoncé vendredi la suppression d'environ 15.000 emplois dans le monde, dont 4.600 en France, dans le cadre d'un plan d'économies de plus de 2 milliards d'euros sur trois ans. Au total, le constructeur aux cinq marques (avec Alpine, Dacia, Lada et Samsung Motors) compte supprimer environ 8% de ses effectifs dans le monde (180.000). En France, le plan devrait affecter quatre sites, dans des conditions qui restent en partie à définir : Caudan (Morbihan), Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), Dieppe (Seine-Maritime) et Maubeuge (Nord). Seul le site de Choisy sera finalement concerné par une fermeture, a finalement indiqué Jean-Dominique Senard. "Ce que nous recherchons ce sont des réductions de frais de structures, ce n'est pas un plan de fermetures de sites, c'est un plan d'économie global et cohérent", a affirmé le président de Renault tout en précisant qu'il n'y aura "pas de souffrance sociale".

Ce projet, qui prévoit de réduire les effectifs "sans licenciement sec", notamment via des départs volontaires, a été rendu public vendredi matin, après avoir été présenté la veille aux organisations syndicales, lors d'un comité central social et économique (CCSE) du groupe. "Ce projet est vital", a déclaré la directrice générale Clotilde Delbos, citée dans un communiqué. Dans une conférence de presse qui s'est tenue en milieu de matinée, le groupe a évoqué le délai de "3 ans pour rebâtir". Renault, qui souffre de surcapacités de production au niveau mondial, avait annoncé en février ses premières pertes en dix ans, entrant affaibli dans la crise provoquée par l'épidémie de Covid-19. 

Lire aussi

Un projet de restructuration de six usines en France

Face à cette crise, plusieurs hypothèses de travail sont listées pour optimiser son appareil industriel : la création d'un pôle d'excellence dans l'électrique et l'utilitaire à partir des deux usines de Douai et Maubeuge dans le Nord, une réflexion sur la reconversion de l'usine de Dieppe (Seine-Maritime) à la fin de la production de l'Alpine A110, ou encore le lancement d'une revue stratégique pour la Fonderie de Bretagne, à Caudan (Morbihan), où travaillent 400 salariés.

L'activité de l'usine de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), qui emploie 260 personnes dans la réparation de moteurs et boîtes de vitesse utilisés comme pièces de réemploi, doit être transférée vers l'usine de Flins (Yvelines), à une soixantaine de kilomètres de là. A Flins, la production automobile cessera après la fin de la Zoé, à partir de 2025. Un pôle d'économie circulaire, "qui intégrerait Choisy-le-Roi", est envisagé à la place. Cette fermeture du site de Choisy a déclenché la colère des syndicats mais aussi celle du député LaREM Jean-François Mbaye.

En vidéo

Renault : un syndicaliste CGT réagit après l'annonce des suppressions de postes

Dans le reste du monde

A l'international, Renault annonce la "suspension des projets d’augmentation de capacités prévus au Maroc et en Roumanie". Il indique étudier "l'adaptation des capacités de production en Russie et la rationalisation de la fabrication de boîtes de vitesse dans le monde". Au total, la réduction de l'outil industriel permettra de réduire les coûts fixes de l'entreprise de 650 millions d'euros par an. En outre, le constructeur prévoit 800 millions d'euros de réduction de coûts dans l'ingénierie, évoquant "l'optimisation de l'utilisation des centres de R&D à l'étranger et de la sous-traitance". Il annonce une réorganisation des activités de son technocentre à Guyancourt (Yvelines). 

Enfin, des économies de 700 millions d'euros sont prévues dans les frais généraux, marketing et autres fonctions support. Renault précise que la mise en oeuvre du plan coûtera 1,2 milliard d'euros, pour environ 2,15 milliards d'économie annuelle sur ses coûts fixes.

Toute l'info sur

Coronavirus : l'impact économique de la pandémie

"On s’attend à un raz- de-marée" : comment Pôle emploi peut faire face à la vague de chômeurs ?

S'il a adouci les mesures de ce plan d'économies, le plan de quelque 8 milliards d’euros annoncé par le président, Emmanuel Macron, pour relancer l’automobile n’empêchera pas les suppressions de postes massives attendues dans ce secteur. Après l'ère Ghosn et la course aux volumes, Renault, dont l'Etat est actionnaire à 15%, cherche une nouvelle stratégie, moins coûteuse et plus efficace sur le plan marketing. La firme de Boulogne-Billancourt prépare le terrain avant l'arrivée le 1er juillet de son nouveau directeur général, l'Italien Luca de Meo, venu de l'espagnol Seat. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent