En quoi consiste le prêt de 5 milliards d'euros garanti par l'Etat pour sauver Renault ?

En quoi consiste le prêt de 5 milliards d'euros garanti par l'Etat pour sauver Renault ?
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AUTOMOBILE - Renault, qui doit annoncer fin mai un vaste plan d'économies pour faire face à la baisse de son chiffre d'affaires, doit obtenir un prêt bancaire garanti par l'Etat d’un montant de 5 milliards d’euros. LCI fait le point sur cette aide.

Tout comme Fnac Darty, Air France KLM, Castorama ou même la Ligue de Football Professionnel, Renault va se voir accorder un prêt garanti par l'Etat (PGE) pour l'aider à passer le cap de la pandémie de coronavirus. Une crise qui a aggravé les difficultés déjà rencontrées par le constructeur : le groupe, dont la possible fermeture d'usines en France suscite l'inquiétude,  doit dévoiler le 29 mai les contours d'un vaste plan d'économie de 2 milliards d'euros annoncé en février.

L’État français, son premier actionnaire avec 15% du capital, a donc accepté de voler à son secours en garantissant un prêt bancaire. Approuvé par l'Union européenne, celui-ci doit être signé rapidement. Une aide dont nous vous expliquons ci-dessous les tenants et aboutissants. 

En quoi consiste ce prêt garanti par l'Etat ?

Le montant du crédit sur lequel Renault s'est accordé ses banques s'élève à 5 milliards d'euros. Il fait parti d'un vaste programme mis en place pour soutenir les entreprises durement touchées par la crise liée au coronavirus : de nombreux groupes vont ainsi bénéficier du mécanisme exceptionnel de prêt garanti par l'Etat. Celui-ci s'en porte garant à hauteur de 70% pour les entreprises qui emploient moins de 5.000 salariés et dont le chiffre d'affaires est inférieur à 1,5 milliard, de 70% à  80% pour celles qui dépassent ce seuil, comme Renault. Le prêt obtenu par le constructeur est le plus gros accordé jusqu'ici après les 7 milliards de soutien de l'Etat apportés à Air France.

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Quelles modalités de remboursement ?

Cette forme de prêt a été mise en place pour favoriser au maximum l'entreprise bénéficiaire, et surtout lui donner du temps. Aucun remboursement ne sera donc exigé lors de la première année. Passé ce cap, la structure au losange aura une nouvelle année pour définir son calendrier de remboursement, qui devra s'étaler dans la limite d'un délai de 5 ans supplémentaires. Concernant les intérêts, aux taux bancaires s'ajoutent ceux de l'Etat (entre 0,25 et 2%) pour sa garantie. 

Quelles contreparties ?

Le ministère de l'Economie a précisé que les "les PGE ne sont assortis d'aucune autre contrepartie que le versement du dividende". La structure ne devra en effet pas verser de dividendes à ses actionnaires cette année

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La directrice générale par intérim de Renault, Clotilde Delbos, avait indiqué fin avril que ce prêt garanti ne remettait pas en cause le plan d'économies de Renault, ni d'éventuelles suppressions d'emplois, la seule condition fixée par le gouvernement étant ce renoncement aux dividendes. "Renault joue sa survie" et doit s'engager notamment sur le maintien en France de certaines activités, prévient toutefois Bruno Le Maire, en soulignant qu'il n'a pas encore donné son feu vert au prêt de 5 milliards d'euros, dans une interview publiée jeudi soir par Le Figaro.

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