Déconfinement, vague verte... le vrai gagnant, c'est le vélo français !

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TRANSPORT - Dans l'Hexagone, la bataille des fabricants de vélo fait rage. Le "Made in France", plébiscité par les consommateurs, peine cependant encore à satisfaire une demande devenue gigantesque.

Tout roule pour le vélo. En France, il n'a même sans doute jamais aussi bien roulé : la crainte d'emprunter les transports en commun à la sortie du confinement l'avait revigoré. Le coup de pouce de 50 euros pour faire réparer son vélo a remis en selle de nombreux abstinents. Et la promesse de nombreuses voies cyclables supplémentaires liée à la vague verte enregistrée lors de ces municipales ne présente qu'un risque : celui de lui donner des ailes. 

Les vendeurs, eux, sont littéralement débordés. Surtout, ils constatent un plébiscite pour le vélo "made in France". Un engouement qui a sauvé plusieurs fabricants français de la faillite.

Les gens veulent acheter en France. Ils veulent un suivi et un traçage du produit, ça les rassure.- Guillaume Adriansen, fondateur Vélos-Mad

"Les gens veulent acheter en France. Ils veulent un suivi et un traçage du produit, ça les rassure", confirme à TF1 Guillaume Adriansen, qui a créé sa marque de "Vélos-Mad", à Rouen il y a deux ans, et indique avoir vendu autant de vélos électriques ces deux derniers mois que sur l'ensemble de l'année 2019. "Le problème, c'est qu'aujourd'hui, on en reçoit au compte-gouttes, parce que tout le monde veut du vélo, en vendre et en acheter, ajoute-t-il. Les vélos ne sont même pas fabriqués qu'ils sont déjà vendus."

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S'il reste difficile de quantifier le phénomène à échelle nationale en 2020, une enseigne comme Go Sport donne un ordre d'idée en affirmant que ses ventes de vélos sur Internet ont augmenté de 300% par rapport à l'année dernière. La fréquentation cyclable, en ville et en campagne, s'est, elle, envolée de 87% entre le 11 et le 31 mai, par rapport à la moyenne entre le 1er janvier et le 17 mars, selon l'association Vélo et territoires, qui s'appuie sur un échantillon de 182 compteurs à travers la France. "Dans les villes, 1.484 vélos sont comptés en moyenne par jour et par compteur (contre 936 avant le confinement). Le chiffre atteint 300 en périphérie et 161 en milieu rural", détaille son dernier bulletin, datant du 3 juin.

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Pour les usines aussi, le pic d'activité est sensible. C'est le cas pour Easybike, à Saint-Lô (Manche), où l'on tente de suivre ce rythme dantesque, impliquant d'expédier en magasin chaque vélo à peine assemblé. Un moindre mal : avant le Covid-19, cette entreprise normande se trouvait en redressement judiciaire. Aujourd'hui, son carnet de commandes est rempli jusqu'à la fin de l'année. Et les pièces détachées commencent à manquer... "On est en train d'apprendre à se réapprovisionner en France ou en Europe, c'est plus proche que l'Asie, donc beaucoup plus rapide", explique Gregory Trebaol, PDG d'EasyBike. D'autant que, depuis un an, l'Union européenne taxe les vélos importés de Chine à une hauteur pouvant aller jusqu'à 95%. Les vélos français n'ont pas fini de rouler.

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