Déconnexion au travail : culpabilisant plus que les hommes, les femmes se connectent plus les soirs et week-end

Emploi

INÉGALITÉS - Deux ans après la mise en place du droit à la déconnexion, une étude montre que les hommes et les femmes ne sont pas égaux face à ce sujet qui touche la vie en entreprise (et surtout en dehors).

Femmes et hommes, inégaux face à la déconnexion numérique ? Deux ans après la mise en place du droit à la déconnexion, le cabinet Eléas, qui œuvre dans le conseil en qualité de vie au travail et prévention des risques psychosociaux, montre dans une étude réalisée par Opinionway que si les femmes utilisent davantage les outils numériques que les hommes en entreprise (48% d'entre elles les utilisent plus de 6 heures par jour contre 39% des hommes), elles seraient aussi plus nombreuses à se connecter les soirs et week-end (47% contre 32% des hommes). 

Est-ce le fait de se mettre la pression ? D’être plus consciencieuses ? Ou de moins réussir à mettre des limites ? L’étude de ce cabinet révèle aussi que les femmes se sentent tout de même plus coupables que les hommes lorsqu'elles ne se connectent pas hors des horaires de bureau (48% contre 34%). Ce sentiment apparaît aussi au travers d’une autre donnée : 21% des femmes affirment ne faire qu'une pause par jour, contre 11% des hommes. Ces derniers s'écouteraient plus : ils sont 27% à assurer faire autant de pauses que nécessaire, contre 19% des femmes. 

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Fatigue et stress dus aux outils numériques

De manière plus générale, l’étude rappelle aussi que ces outils numériques professionnels sont devenus omniprésents : 75% des salariés les utilisent plus de 3 heures par jour (dont 43% plus de 6 heures par jour), contre 67% en 2016. Facteurs aggravants : le fait d’être cadre, ou d’être dans une grande entreprise. L’impact de ces outils reste, pour 45% des sondés, un avantage en matière d’horaires de travail. 

Mais les salariés sont partagés. Oui, l’évolution des outils instaure une plus grande réactivité et une meilleure gestion d’ensemble du travail - 62% estiment leur rôle positif sur la réactivité dans l’échange d’information, 57% sur l’autonomie professionnelle, 55% sur l’organisation du travail dans l'équipe. Mais les salariés interrogés ne considèrent pas que cela ait profondément bouleversé la coopération entre collègues, la rapidité de la prise de décision ou la diversité des tâches effectuées. En revanche, un sentiment diffus de "trop d’infos", voire de débordement, s’installe : 39% estiment recevoir trop d’informations, 70% estiment ne pas avoir assez de temps pour traiter toutes ces sollicitations reçues par les outils numériques professionnels. 

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La pause, meilleur remède au stress ?

Les conséquences sont nettes : 43% des sondés disent ressentir de la fatigue, plus d’un sur trois confesse un sentiment de submersion, du stress, une diminution des capacités de concentration, voire un sentiment de désorientation. Des effets qui s’accroissent chez les utilisateurs qui sont plus de 6 heures par jour avec les outils numériques et chez les jeunes de 15 à 29 ans. 

Et face à cela, les mesures mises en place par les entreprises paraissent bien ténues : la création d’une charte de bonnes pratiques est la règle la plus pratiquée, mise en place par 23% des entreprises. Celles-ci donnent aussi dans la charte de bonne pratique des mails (23%) ou la création de règles de déconnexion (16%). Avec les limites que l’on connait à ces chartes, qui ne sont que très souvent des textes de bonnes intentions, pas forcément suivies d’effets dans les organisations de travail. 

C’est donc aux salariés de se prendre en main. Et le meilleur moyen pour combattre le stress provoqué par les outils numériques est… la pause. 45% en font des pauses régulières toutes les  deux heures, 27% se réservent un créneau horaire exclusivement dédié à la gestion de ces infos, voire éteignent ponctuellement certains outils (chats interne, boîte mail, ou téléphone).   

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