Demain, tous freelance ? Le sacro-saint statut de salarié de moins en moins attrayant, l'indépendant a le vent en poupe

Demain, tous freelance ? Le sacro-saint statut de salarié de moins en moins attrayant, l'indépendant a le vent en poupe
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FUTUR PROCHE - Quelles sont les aspirations des salariés français, que veulent-ils faire dans 5 ans ? Les réponses d'un baromètre Ifop dessinent une nouvelle organisation du monde du travail.

On le sait, on le sent. Les salariés ne se plaisent parfois plus dans le monde de l’entreprise, et aspirent, de plus en plus, à de nouvelles formes de travail. Et notamment au fait de venir en indépendant. Un sondage Ifop pour Freeelance.com, service d’intermédiation entre entreprises et travailleurs indépendants, met en lumière cette tendance. 


A l’heure actuelle, 70% des actifs en poste déclarent être salariés du privé. S’y ajoutent 16% de salariés de la fonction publique. Ce statut laisse donc peu de place à d’autres types de statuts, que ce soit les "travailleurs indépendants, freelance, auto-entrepreneurs" (5%), les "artisans, commerçants ou exploitants agricoles" (4%), les "intérimaires" (3%) ou encore les "professions libérales" (1%). Parmi les indépendants, figure une sur-représentation de CSP+ (17% en font partie contre 5% pour l’ensemble des actifs occupés) et d’actifs du secteur "information et communication" (23%).

Le salariat se fait écorner

Mais en se projetant sur un horizon de 5 ans, apparaît un début de bouleversement. Le salariat y est ainsi beaucoup moins désiré. C’est le statut qui perd le plus de points : 56% des actifs occupés envisagent de l’être, soit une perte de 14 points. Par effet de vase communicant, 14% des actifs occupés envisagent de devenir "travailleurs indépendants, freelance, auto-entrepreneurs", soit une progression de 9 points.


Et il apparaît que si l’entreprise est encore considérée comme une structure propice à l’épanouissement (pour 71% des sondés), le jugement sur le salariat est plus... clivant. Les avis sont très partagés sur plusieurs facteurs, comme l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle : 53% des sondés estiment que le salariat est pour cela plutôt un atout, mais 26% que c’est une limite. De même, pour l'épanouissement professionnel, le salariat est un avantage pour 51% de sondés, mais une limite pour 27%. Les ratios sont peu ou prou les même en matière d’organisation du travail ou d'évolution professionnelle. Le salariat devient même clairement une limite sur l’enjeu traditionnel de la rémunération (40% affirment qu’il est plutôt un atout contre 42% plutôt un frein) et sur la possibilité d’envisager une mobilité (pour 34%, c'est un atout ; pour 38%, un frein).

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Des indépendants qui travaillent pour des entreprises

Bref, se dessine ainsi, de façon sous-jacente, une nouvelle organisation du travail, autour d’une activité en entreprise qui s’affranchirait du salariat, estime l’étude. Car dans cette logique des limites perçues du salariat, travailler en entreprise n’apparaît pas incompatible avec le fait d’expérimenter de nouvelles formes de travail comme le télétravail ou le recours au coworking. Cette association semble même complémentaire : 80% des interviewés ayant expérimenté de nouvelles formes de travail reconnaissent le rôle épanouissant de l’entreprise.


D’ailleurs, l’impact de nouvelles formes de travail est très nettement considéré comme bénéfique que ce soit pour les actifs (pour 69% des sondés) et, plus largement, pour l’économie française (62%). Il s’agit encore toutefois à ce stade d’une expérimentation plus qu’une expérience vécue.En effet, seuls 19% des actifs occupés ont déjà expérimenté ces nouvelles formes de travail, contre 40% qui pourraient l’envisager dans les 5 prochaines années et 41% qui ne l’envisagent pas. "Ces derniers n’expriment pas forcément un rejet de ce principe mais estiment peut-être ne pas encore pouvoir envisager de l’expérimenter en raison par exemple de contraintes familiales ou de difficultés de mobilité", conclut le baromètre. 


> Enquête Ifop pour Freelance.com, menée auprès d’un échantillon de 1502 personnes, représentatif de la population française active, selon la méthode des quotas. 

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