Des salariés défiants, désinvestis et insatisfaits ? Cinq idées reçues à balayer sur le climat social en entreprise

Emploi

ALORS, HEUREUX ? - Kantar vient de publier son édition 2019 de l'Observatoire des salariés, qui vise à apporter aux dirigeants et responsables RH une meilleure compréhension du climat psychologique et managérial de leurs collaborateurs. Et le résultat balaie quelques idées reçues...

Des salariés moroses, peu investis dans leur entreprise ? Bousculez vos idées reçues, le moral des salariés français n’est peut-être pas si noir que l’on le pense. Ou moins noir que par le passé, en tout cas. C’est ce que montre l’édition 2019 de l’Observatoire des salariés de Kantar, qui fait le point sur l’évolution du climat en entreprise, avec comme comparaison les résultats observés en 2014 et 2007.

Il y a cinq ans, après une longue période de crise, le climat social était au plus bas. Il est donc aujourd'hui en plein rebond. "Le redémarrage de l'économie et la baisse du chômage se traduisent par une amélioration", indique Eric Chauvet, directeur Conseil Kantar Division Insights. "Au-delà de ces éléments macro-économiques, les progrès mesurés sur le fonctionnement même des entreprises permettent de penser que les mots d'ordre d'agilité et de flexibilité commencent à se traduire par des améliorations concrètes, visibles pour les salariés". Le détail. 

Voir aussi

  • 1Idée reçue n°1 : les salariés sont moins impliqués et épanouis

    Au début des années 2010, les représentations du travail (plaisir, contrainte, routine, vocation, contact humain...) avaient tendance à se dégrader, marquées par un "recul des contacts humains comme vecteur d'insertion et une bascule du plaisir vers la contrainte". 


    Cinq ans plus tard, l'Observatoire des salariés estime qu'une bascule se dessine, sous-tendue par une volonté d’apporter du sens à son travail. Ainsi quand ils parlent de leur travail, les salariés évoquent de plus en plus le fait d'"être utile à la société" (25%, +6 points par rapport à 2014). En revanche, le contact humain est en recul continu (39%, -6 points par rapport à 2014 et surtout -17 points par rapport à 2007). 


    En matière de satisfaction au travail, la plupart des indicateurs restent stables depuis 5 ans, que ce soit en matière d'intérêt au travail (79% des salariés satisfaits), d'ambiance (76%), de charge de travail (72%), de conditions de travail (70%), d'épanouissement (66%) ou de niveau de stress (69%). 

  • 2Idée reçue n°2 : avec l’arrivée des Millenials, l’investissement au travail baisse

    L’idée d'une baisse continue de l'investissement au travail, qui serait due à l'arrivée progressive des Millenials, est répandue. Faux : l'étude dénombre 39% de salariés prêts à faire des sacrifices pour réussir leur vie professionnelle, soit 3 points de plus qu'en 2014. 


    Ce sont d'ailleurs les plus jeunes qui s'y déclarent le plus prêts (57% chez les moins de 30 ans), bien davantage que les quadras (30%) ou les quinquas (30% aussi).  Il ne s'agit toutefois pas ici d'un phénomène de génération mais uniquement d'âge, précise l'étude : les différences étaient exactement les mêmes il y a 10 ou 20 ans sur ce critère.

  • 3Idée reçue n°3 : les salariés n’ont plus confiance dans les dirigeants

    Les salariés seraient-ils un petit peu irrationnels ? Contrairement à ce qui est observé dans la société française en général, la confiance à l'égard des "élites" progresse en effet dans les entreprises. Le manager direct, déjà historiquement à un niveau plutôt élevé (66%) voit sa cote de confiance encore grimper (+4 points). La DRH augmente davantage encore (+ 6 points, à 51% de confiance), ainsi que les représentants du personnel et les syndicats (+4, à 47%). La Direction de l'entreprise est aussi sur une tendance positive, quoique plus légère (56%, +2).

  • 4Idée reçue n°4 : les salariés sont réfractaires au changement

    Là encore, l’étude va à l’encontre des idées qui veulent que les salariés soient réfractaires au changement. Pour 58% des sondés, les changements en entreprise sont en fait perçus comme une opportunité et suscitent toujours davantage d'adhésion (38%) que de rejet (24%) avec, cependant, beaucoup d'agnostiques (38%). 


    Et, a contrario des discours médiatiques, le rythme de ces changements est beaucoup moins souvent perçu comme trop rapide (21%) que comme pas assez rapide (36%). Et globalement, 60% des salariés (+ 4 points) estiment que le changement est bien géré dans leur entreprise et 59% qu'ils sont aidés par leur hiérarchie pour s'y adapter.

  • 5Idée reçue n°5 : les salariés sont méfiants sur l’impact du digital sur leur travail

    La moitié des salariés français estime que le digital n'a pas d'impact sur la qualité des informations reçues, leur stress ou leur équilibre vie privée / vie professionnelle. L'autre moitié se partage entre ceux qui estiment que le digital a un impact positif et ceux qui le jugent au contraire négatif. 


    En revanche, un peu plus de 10% des sondés pensent que digital ou l'IA pourraient faire disparaître leur métier dans cinq ans. Ce qui, avec une échéance si courte, est en fait plutôt élevé, conclut l'étude.

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Et si le rire aidait à soigner et motiver les salariés ?

> Etude réalisée en février 2019, parmi un échantillon représentatif de 2 000 salariés français, différents aspects de leur relation au travail et à l'entreprise. Les résultats 2019 sont été mis en miroir avec ceux de l'édition précédente de 2014.

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