Diplômés de 2010 : moins bien payés et plus précaires que leurs aînés

Emploi

ETUDE - Moins de CDI, des salaires moins élevés et des progressions de carrière plus lente... les jeunes sortis d'école en 2010 connaissent une situation plus difficile que leurs aînés selon une étude du Centre d’études et de recherche sur les qualifications.

Des débuts plus chaotiques pour une génération toujours plus diplômée. C’est le constat que dresse le Cereq (centre d’études et de recherche sur les qualifications), dans une étude qui vient d’être publiée. Le centre de recherche s’est en effet penché sur les trajectoires professionnelles des jeunes sorties du système scolaire en 2010, et les a suivis sur 7 ans, et comparé aux générations précédentes (1998 et 2004).

Cette génération a d’abord souffert d'un mauvais contexte économique. La crise de 2008 notamment, a pesé sur les possibilités et le rythme d’accès à l’emploi pour leur début de carrière, et les a exposés davantage au chômage en début de vie active. Conséquence, les jeunes salariés sont plus nombreux à s'être éloignés de l’emploi : 17 % des jeunes diplômés en 2010 (contre 11 % de ceux de 1998) ont une trajectoire passée dominée soit par du chômage persistant ou récurrent, soit par des situations d’inactivité durable. Ils sont par ailleurs davantage à avoir repris des études ou une formation longue (9 % contre 5 %).

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Moins de rémunération, moins de promotions

Autre constat : davantage de contrats précaires, les entreprises privilégiant toujours plus les différentes formes de contrats à durée limitée. "Or, cette nouvelle 'norme' de recrutement n’est pas sans effets sur les possibilités effectives de stabilisation à moyen terme des jeunes dans l’emploi", indique l’enquête. "Elle peut constituer pour certains un tremplin vers une carrière, mais pour d’autres une trappe à précarité." Et en effet : les CDI sont moins nombreux (de 66 % à 55 %) que pour les générations précédentes. 

Pas mieux du côté des rémunérations et de l'évolution professionnelle. Si le niveau de salaire médian à la première embauche est en hausse de 16 % par rapport à celui de la génération 1998, il progresse seulement de 19 % en 7 ans, contre une hausse de 38 % pour leurs aînés. Ces faibles progressions salariales sont notamment liées au fait que les dynamiques promotionnelles stagnent : seuls 27 % des jeunes de la génération 2010, contre 31 % de ceux de la génération 1998, ont connu une progression dans la hiérarchie des catégories socioprofessionnelles entre la première embauche et le dernier emploi occupé. A l'inverse, 13% ont vécu une régression dans cette hiérarchie.

Les moins qualifiés, les plus exposés

Voilà pour le cadre global. Dans le détail, les différentes sont importantes dans les parcours, en fonction du niveau de diplôme atteint en formation initiale. Dans un contexte marqué par la crise de 2008, le rôle protecteur du diplôme s'est renforcé. Ce sont donc les non-diplômés qui ont vu leur situation se dégrader le plus fortement. "La part de temps qu’ils et elles ont passé en emploi sur les 7 années chute de 65 % à 46 %", indique l’étude. Les emplois à durée indéterminés leur sont de moins en moins accessibles, et leurs trajectoires professionnelles se stabilisent donc moins vite. 

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Génération 2010, génération optimiste

Sur le papier, les plus diplômés, issus de l’enseignement supérieur, ont été peu affectés par la conjoncture. Pour ces derniers, le CDI reste la norme. Un emploi sécurisé mais une évolution de leurs salaires moins importante : en 1998, le salaire entre le premier et le dernier emploi (7 ans plus tard) augmentait de 44 à 54%. Une hausse ramenée à 31% pour les diplômés d'un bac + 5 en 2010. 

Et pourtant, les jeunes sont positifs : ils  sont 79 % à se déclarer optimistes pour leur avenir professionnel, quasiment autant que la Génération 1998. "Tout se passe comme si les jeunes intégraient les transformations de la norme d’emploi et ajustaient  leurs attentes en conséquence", conclut l’étude.

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