Les structures de garde d’enfants "croulent sous les demandes" et lancent un appel à la mobilisation

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FOCUS - Après l’annonce de la fermeture des écoles pour lutter contre le coronavirus, les structures de garde d’enfants sont ultra-sollicitées par des parents salariés qui se retrouvent sans solution de garde.

"Je ne vous cache pas qu’on croule sous les demandes." "C’est le feu." Ce vendredi matin, un coup de fil aux  agences de garde d’enfants suffit pour comprendre l'un des effets de l’annonce de la fermeture des écoles et des crèches à partir de lundi par Emmanuel Macron. Car si les enfants trépignent devant ces "vacances" inattendues, pour les parents salariés, c’est le casse-tête. 

Chez Yooppies, plateforme qui met en relation parents et solutions de garde, on a vu l’avant-après discours du président : "Nous avons eu un pic de connexions énorme hier à 21 heures", nous assure-t-on. "Ce matin, on voit que c’est le double de connexions par rapport au temps normal." La plateforme accueille 600.000 intervenants et, en cette période de crise, veut en recruter 100.000 supplémentaires : "Nous lançons un appel à mobilisation, auprès des étudiants, de personnes qui ne pourront pas aller là où elles le devaient, pour pouvoir garder des enfants à domicile." 

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Des professions indispensables sur le terrain

Chez O2, structure qui emploie 18.000 salariés dans les gardes à domicile d'enfants et auprès de seniors, le centre d’appel de 80 personnes, basé au Mans, n’arrête pas de sonner. "C’est un peu tendu", confesse, tout en litote, l’attachée de presse. Dans un sens, beaucoup de demandes, mais dans l'autre des annulations : des salariés, avec des enfants, qui vont se retrouvés bloqués chez eux. 

Guillaume Richard, président du groupe OuiCare, qui chapeaute O2, le confirme : "Nous sommes en train de mettre en place un plan d’urgence", dit-il à LCI. Car il mesure déjà toutes les conséquences. "Comme l’a dit le Président, la fermeture des écoles et des crèches va avoir un impact sur toutes les professions : tous les professionnels de santé qui ont des enfants et qu’il va falloir garder, mais aussi tous les professionnels de sécurité,  je pense aux policiers, gendarmes, à l’ensemble des professions absolument indispensables. Mais cela peut être aussi les salariés qui font la paie, le personnel bancaire…" 

Et parmi ces salariés, les cas sont multiples, voire uniques. "Parmi toutes les entreprises qui ont fait leur plan de continuité d’activité, une partie des personnels va pouvoir télétravailler à distance, une partie va impérativement devoir se rendre sur son lieu de travail pour continuer à travailler ; parmi eux, une partie va réussir à faire garder ses enfants, à s’arranger en couple, avec des voisins ou des proches. Mais une autre ne réussira pas. Pour tous ces gens-là, il faut que nous puissions apporter une réponse qualitative, et c’est aussi notre rôle social et civique."

Les parents sont déjà dans une situation de stress, nous ne voulons pas en rajouter- Guillaume Richard, président de Oui Care

Ces agences certifient par ailleurs la certification de leurs employés. "Les parents sont déjà dans une situation de stress", rappelle Guillaume Richard. "On ne veut pas rajouter du stress au stress, parce que ces parents vont devoir confier leurs enfants à des gens qu’ils ne connaissent pas forcément." Ces professionnels garantissent ainsi des personnels "ultra fiables, de qualité, avec une certification qualité validée par Afnor."

Pour faire face, cependant, à l’afflux de demandes, Oui Care lance, aussi, un appel à mobilisation. "‘Tous ceux qui ont une expérience, une compétence dans le domaine de l’accompagnement des enfants ou des personnes âgées sont les bienvenus pour répondre aux besoin de nos clients", répète Guillaume Richard. Mais il se dit "serein" et trouve les "mesures du gouvernement adaptées" : "Nous sommes une entreprise solide. Même si l’épidémie devait durer plusieurs mois, nous avons les reins suffisamment solides pour tenir plusieurs mois, il n’y a aucune inquiétude à avoir là-dessus. Il s’agit surtout d’être en capacité de répondre à l’ensemble des demandes et d’assurer un rôle civique."

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Une mobilisation pour "participer à l'effort national"

Yoopies et Oui Care ont par ailleurs, dans la journée, annoncé une "mobilisation" pour "participer à l'effort national". Yoopies lance ainsi avec les  structures hospitalières, dont la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), une plateforme pour assurer la garde d’enfants du personnel des  établissements de santé. De son côté, Oui Care a décidé "de manière exceptionnelle et en urgence d'étendre largement nos horaires de garde et de nous adapter aux horaires atypiques de tous les soignants. Les 500 agences du groupe ont déjà pour mission d'entrer en contact avec les établissements de santé pour proposer leurs services." 

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