Embaucher des personnes handicapées : pour les dirigeants, c'est une "opportunité", mais c'est "difficile"

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INSERTION - Si les employeurs sont de moins en moins réticents à embaucher des salariés handicapés, la marge de progression reste particulièrement importante dans les petites entreprises, selon une étude rendue publique ce mercredi à l'occasion de la Semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées.

"C’est bien, mais pas chez nous." Voilà comment résumer, en très raccourci, le sondage Ifop pour l'Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des handicapés (Agefiph) et qui explore la perception des handicapées dans le monde du travail.


Selon ce baromètre, publié  ce mercredi à l'occasion de la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées, 34% des chefs d’entreprises, dirigeants ou responsables des ressources humaines interrogés estiment que le recrutement des personnes handicapées est une "opportunité" pour s’ouvrir à de nouveaux profils. Mais 46% y voient tout de même une "difficulté objective du fait de la nature des postes proposés", voire, pour 27% d’entre eux, une "charge supplémentaire dans l’organisation de l’équipe".

Ce n'est pas gagné

Mais si les employeurs sont donc ouverts sur le papier, embaucher des personnes handicapées est cependant toujours perçu comme difficile. A la fois par les dirigeants (à 63%), les salariés (68%) et le grand public (67%).  


Bien que la courbe évolue tout de même positivement depuis 10 ans, de grosses différences apparaissent, suivant les tailles des entreprises. Dans les sociétés de plus de 20 salariés, 45% des dirigeants considèrent qu'il est "facile" d'embaucher des personnes handicapées, alors qu'ils n'étaient que 25% à émettre une telle opinion en 2008. Dans celles de moins de 20 salariés, en revanche, un tiers seulement des responsables interrogés considèrent "facile" d'employer une personne en situation de handicap. Et si, sur le papier, 85% des dirigeants d'entreprises de plus de 20 salariés se déclarent prêts à embaucher davantage de personnes handicapées, cette proportion tombe à 61% lorsqu'on prend en compte l'ensemble des structures. "La société est en train de se transformer, il y a une forte progression mais on n'est pas arrivé au but, ce n'est pas suffisant", estime Didier Eyssartier, le directeur général de l'Agefiph.

Une difficile évolution professionnelle

Les salariés, eux, ont plutôt l’impression que le sujet est pris en compte dans leur entreprise : 46% ont l’impression que l’insertion des personnes handicapées est un enjeu considéré comme important. Une proportion qui augmente d’autant plus que l’entreprise est grande. Les salariés interrogés sont d’ailleurs d’autant plus ouverts sur la question, et pensent que l’intégration est facile, quand ils ont déjà dans leur entourage un ou plusieurs collègues en situation de handicap. "Plus on intègre des personnes handicapées, plus cela va faciliter l'arrivée des suivantes. C'est un cercle vertueux", commente Didier Eyssartier.


En revanche, en matière d’évolution professionnelle des personnes handicapées, de gros bémols persistent : il semble difficile pour un salarié handicapé de progresser au sein de la hiérarchie, un constat partagé par 67% du grand public, 66% des salariés et 47% de dirigeants ; difficile aussi d’encadrer une équipe (pour 61% des salariés et 60% des dirigeants), ou encore de se faire respecter par les autres salariés et de s’épanouir professionnellement, voire d’accomplir les tâches courantes.


Selon une étude du ministère du Travail publiée la semaine dernière, les entreprises privées de plus de 20 salariés comptaient, en 2016, 3,8% de personnes handicapées parmi leur personnel, alors que la loi les oblige à une proportion de 6%. 


> Etude pour l'Agefiph, réalisée auprès de 402 dirigeants d'entreprises, responsables RH ou de mission handicap, interrogés par téléphone sur leur lieu de travail du 1er au 5 octobre, et auprès de 1.008 salariés, représentatifs de la population salariée française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas), interrogés par questionnaire auto-administré en ligne du 28 septembre au 4 octobre. 

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