Emploi : Muriel Pénicaud annonce un plan massif pour l'apprentissage

Syndicats et patronat étaient à l'Elysée ce jeudi pour définir des solutions pour faire face à la crise économique. Plusieurs mesures très concrètes ont été annoncées.
Emploi

MESURES - Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont réuni ce jeudi syndicats et patronat en quête de solutions pour "sauver l'emploi", durement touché par la crise du coronavirus. Parmi les annonces faites à l'issue de cette rencontre : les entreprises qui recruteront un apprenti bénéficieront d'une aide élargie à l'embauche.

L'enjeu est de taille. Selon les mots de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, prononcés à l'issue de la réunion entre syndicats et patronat ce jeudi à l'Elysée, il s'agit purement et simplement de "sauver l'emploi", fortement ébranlé par la récession liée à la crise du coronavirus.

Le menu des discussions était donc particulièrement dense avec les partenaires sociaux pour cette première rencontre en "présentiel" depuis le début de la crise : la réforme de l’assurance-chômage, le dispositif de chômage partiel, l’emploi des jeunes, la formation professionnelle, et surtout l’apprentissage. Sur ce dernier point, un plan massif de relance est prévu, a annoncé Muriel Pénicaud après trois heures de discussions, dont plusieurs mesures ont été présentées.

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Aide élargie à l'embauche

Tout d'abord, les entreprises qui recruteront un apprenti du 1er juillet au 28 février bénéficieront d'une aide élargie à l'embauche de 8.000 euros pour les majeurs et 5.000 euros pour les mineurs. Alors que cette aide est aujourd'hui réservée aux entreprises de moins de 250 salariés et pour des diplômes au niveau inférieur ou égal au bac, le dispositif sera élargi jusqu'au niveau de la licence et à toutes les entreprises, ce qui représentera "un coût supplémentaire supérieur à un milliard d'euros", selon l'entourage de la ministre. 

Les entreprises de plus de 250 salariés devront cependant avoir plus de 5% d'alternants dans leurs effectifs en 2021. La première année d'apprentissage aura donc un "coût quasi nul" pour une entreprise, selon la ministre, puisque le salaire minimum d'un apprenti la première année est de 416 euros par mois s'il a 16 ou 17 ans, de 662 euros s'il a entre 18 et 20 ans. Entre 21 et 25 ans, cela représentera un reste à charge de 175 euros par mois.

Aide à la recherche d'emploi

Autre mesure, pour laisser davantage de temps aux jeunes pour trouver une entreprise avec la crise, ceux-ci pourront rester jusque six mois en CFA (centre de formation des apprentis) sans contrat, c'est-à-dire jusque fin février, au lieu des trois mois actuels.

"Mobilisation territoriale"

Enfin, la ministre a également évoqué une "mobilisation territoriale" pour que chaque jeune qui a fait un voeu d'apprentissage sur les plateformes d'orientation scolaire Affelnet et Parcoursup puisse se voir proposer une offre. L'objectif est, en dépit de la crise, de maintenir le même niveau de contrats d'apprentissage qu'en 2019 où 368.000 avaient été signés, soit un bond record de 16%.

Ces mesures sur l'apprentissage sont la première pierre d'un plan pour l'emploi des jeunes qui sera présenté pendant la première quinzaine de juillet. "On ne peut pas avoir une génération sacrifiée", a plaidé Mme Pénicaud, "les jeunes ne seront pas la variable d'ajustement de la crise". 

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Autre point sur lequel l'exécutif était très attendu : la réforme contestée de l'assurance-chômage. Des discussions sur ce sujet vont s'ouvrir "dans les semaines qui viennent" avec les organisations syndicales et patronales en vue de parvenir à des décisions "d'ici l'été", a annoncé la ministre du Travail dans la cour de l'Elysée.

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