Entreprenariat : la création d’entreprises en plein boom, mais la France est encore en retard sur ses voisins

Entreprenariat : la création d’entreprises en plein boom, mais la France est encore en retard sur ses voisins

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DANS LE GRAND BAIN - A une semaine du Salon des entrepreneurs, une étude européenne lève le voile sur les envies de créer sa société. Si en France, la création d’entreprises, notamment de micro-entreprises, n’a jamais été aussi forte, le pays reste cependant en retard sur ses voisins européens.

Le Salon des entrepreneurs, c’est le gros rendez-vous du secteur pour les chefs d'entreprise et les "start-upers" : près de 65.000 visiteurs sont attendus, les 6 et 7 février prochains, au Centre des congrès à Paris. Un petit avant-goût était donné ce mardi, avec la publication de plusieurs sondages permettant de donner la température. Et elle est plutôt très bonne en cette année 2019. 


Car la création d’entreprise se porte bien dans l'Hexagone. Et même très bien. D’après les derniers chiffres de l’Insee, 691.000 entreprises ont ainsi vu le jour en 2018, soit une augmentation de 17%  (+100.000 créations) par rapport à 2017. "C’est même un niveau record, le plus haut niveau d’entreprises enregistrées depuis que l’Insee mesure ces données", commente l'institut.

Le secteur des transports et de l'entreposage explose

Cette tendance est notamment portée par les micro-entreprises –anciennement appelées auto-entreprises -, particulièrement dynamiques (+28% par rapport à 2017) et les créations d’entreprises classiques (+20%). "La croissance des auto-entreprises peut s’expliquer par l’entrée en vigueur de mesures législatives en janvier 2018, notamment le doublement des seuils de chiffre d’affaires permettant d’accéder au régime fiscal simplifié de la microentreprise", indique Pierrette Schuhl, chef du département des répertoires, infrastructures et statistiques structurelles à l’Insee. 


Tous les secteurs d’activités sont concernés, avec en tête les transports et  l’entreposage (+68% en 2018), qui représentent 10% de l’ensemble des créations. "Cet envol est essentiellement dû à des activités de poste et de courrier, incluant la livraison à domicile". Autres secteurs qui se portent bien : les activités spécialisées, scientifiques et techniques ; le commerce  et le service aux ménages.  


Les créations se font dans toutes les régions, l’Ile-de-France contribuant cependant pour plus du tiers ; et les créateurs d’entreprises sont toujours aussi jeunes : en 2018, l’âge moyen de l’entrepreneur était de 36 ans, comme en 2017. 

Encore du chemin à faire

Voilà pour les données chiffrées. L’étude "Les Européens, l’entreprenariat et le statut d’indépendant" menée par OpinionWay pour l’UAE (Union des auto-entrepreneurs et des travailleurs indépendants) et le Salon des entrepreneurs, montre que c’est aussi tout un changement culturel qui se dessine. L’envie de créer ou reprendre une entreprise est ainsi partagée par 28% des Français sondés (+3%). "C’est une progression significative", commente Hugues Cazenave, président d’Opinionway. "Le bémol est que c’est un chiffre  très en retrait par rapport aux autres pays. Il y a un certain retard français." Les voisins européens affichent en effet des tendances bien plus marquées : 62% en Pologne, 55% en Espagne, 51% au Royaume-Uni par exemple.


Chez nous, la concrétisation de cette "envie" prend aussi plus de temps. A la question "dans combien de temps auriez-vous envie de créer une entreprise ?", 48% des Français répondent "dans plus de deux ans". Au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne ou en Pologne, la majorité répond "dans les deux ans", voire moins.  Et en se projetant en nombre de potentiels entrepreneurs, à peine 14% des Français souhaitent voler de leurs propres ailes, contre 32% des sondés au Royaume-Uni, 21% en Allemagne, 38% en Espagne ou encore 43% en Pologne.  "C’est une différence spectaculaire", note François Hurel, président de l'UAE. "Là encore, il y a un retard de la France." Il l’attribue au fait que le régime de l’autoentrepreneur  - créé en 2009 - soit encore relativement jeune. "Ailleurs, le travail indépendant est considéré comme une chance."

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La bonne image du travail indépendant

De son côté, le travail salarial est encore largement considéré comme la norme : les Français sont ainsi 63% à afficher leur préférence pour le statut de salarié uniquement  (66% au Royaume-Uni et 71% en Allemagne). Environ un tiers se prononcent pour celui de travailleur indépendant, que ce soit en combinant salariat et travail à son compte, ou à son compte uniquement. François Hurel veut cependant voir le verre à moitié plein : "Si ce sondage avait été réalisé il y a quelques années, cela n’aurait pas été si élevé."  


Globalement, le statut de travailleur indépendant bénéficie en tout cas d’une excellente image auprès de 75% des sondés français. Il est d’abord vu comme un "moyen de se créer son emploi" (88%) et de "bien gagner sa vie au quotidien" (53%). Un peu moins d’un sur deux (48% ) estiment que le travail indépendant ou auto-entreprenariat est aussi "valorisé par la société". "Il y a encore du chemin à faire pour que toute la société reconnaisse les travailleurs indépendants comme de véritables actifs", reconnait François Hurel. 


Les principales difficultés du statut sont peu ou prou les mêmes dans les cinq pays sondés : arrive en tête le manque de couverture sociale (52% des sondés français) , mais aussi la difficulté à mobiliser des financements, la gestion complexe des procédures administratives, l’isolement, ou encore le manque de confiance de la société, pour louer un logement, obtenir un crédit...


> Salon des entrepreneurs, au Palais des Congrès à Paris, les 6 et 7 février. Tous les détails sur le site salondesentrepreneurs.com

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