Et si le mieux, pour garder un salarié, était en fait de lui proposer des formations ou de la mobilité interne ?

Et si le mieux, pour garder un salarié, était en fait de lui proposer des formations ou de la mobilité interne ?

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EXCLU - Selon l’étude "Mobilité et Formation" de Visiotalent et Skillup, 80% des salariés désireraient bénéficier d'une formation. Ils estiment en effet qu'un tel dispositif favorise les possibilités de mobilité professionnelle dans leur entreprise. Mais ils sont très largement insatisfaits. LCI vous dévoile les résultats de cette enquête en avant-première.

Pour garder un salarié, il faut qu’il soit heureux. Oui, mais comment le rendre heureux ? Cela semble être là tout le casse-tête des entreprises. Depuis plusieurs années, elles sont confrontées à un nouveau défi : l'investissement des collaborateurs. Et il est vaste : 36% des nouvelles recrues resteraient en effet moins d'un an en poste, selon une étude de la Dares (Direction de l’Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques) réalisée en 2015. Cela n'est pas sans coût pour les sociétés, qui doivent lancer à nouveaux des processus de recrutement, former de nouvelles personnes... 


Le  Chief happiness officer, les tables de ping-pong ou encore le flex-office, qui se sont développés autour de la qualité de vie au travail, ont cherché à répondre à cette équation.  Mais si la vraie solution pour garder motivés ses salariés –et même les garder tout court- était beaucoup plus simple, et plus classique ?  C'est ce qu'avance l’étude "Mobilité et Formation" menée par Visiotalent et Skillup, qui a étudié l'impact de la formation et de la mobilité professionnelle offertes dans l'entreprise sur la motivation et la durée en poste. L’attente est forte : 80% des personnes interrogées indiquent vouloir suivre une formation et 82% considèrent la mobilité comme un facteur d'évolution. Et pourtant, sur ces deux pans, elles sont très largement insatisfaites. LCI vous dévoile les résultats de cette étude.

La formation pour évoluer dans l'entreprise

Sur les trois dernières années, 42% des actifs interrogés n’ont pas bénéficié de formation. Et pourtant, 90% d’entre eux auraient souhaité en avoir une. Les freins identifiés sont divers : leur entreprise ne leur en a jamais proposé (pour 53% de non-cadres et 39% de cadres interrogés), le souhait a été émis mais n’a jamais été validé (53% des cadres, 38% des non-cadres). Pourtant, il y a une véritable attente sur le sujet : 80% des sondés estiment que suivre une formation aurait eu un impact positif, à la fois sur l’efficacité dans leur fonction et sur leur évolution professionnelle. 


Et mêmes les  58% heureux bénéficiaires de ces formations ne semblent pas totalement satisfaits : seuls 29% indiquent y avoir trouvé leur compte. Sont largement mis en avant des problèmes de communication et de transparence des process.

71% des salariés jugent les perspectives de mobilité interne "mauvaises"

Pour rendre tout ceci plus efficace, les salariés sont en demande de plus de communication, de transparence, d'une meilleure valorisation de la formation et... d'un bien meilleur accompagnement RH. Ce dernier est jugé "pas assez transparent, pas assez réactif, et pas assez personnalisé", avec des départements RH perçus comme "débordés ou déconnectés des collaborateurs". 


Une frustration qui en renforce une autre : celle de la mobilité professionnelle en interne, attente de plus en plus forte exprimée par les salariés. Sauf que là aussi, ils semblent mal servis et très pessimistes sur les possibilités d’évolution au sein de leur entreprise.  71% d’entre eux les estiment même "mauvaises". Une nouvelle fois, le principal frein mis en avant est un manque de visibilité : 67% des sondés n’ont ainsi pas de vision claire du processus au sein de leur société, ni même des possibilités offertes (61%).  Et une fois encore, les RH en prennent pour leur grade : 40% des interrogés leur donnent la note de 1/5 en matière d’accompagnement. 

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Les moyens dont disposent les salariés pour faire remonter ces problématiques semblent là encore particulièrement inadaptés : pour 62% des sondés, l’entretien annuel n’est pas un moment approprié pour partager leur souhait de mobilité et la défiance est large envers le manager. 40% ne se sent pas totalement en confiance avec lui.


Au final, le salarié a l'impression d'un horizon bouché. Et cela joue sur sa motivation : 68% des répondants affirment avoir déjà quitté une entreprise par manque d’opportunités en interne, et 77% préviennent que davantage d’opportunités pourrait les faire rester. Comme piste d'évolution, l’étude conseille de redonner aux responsables formation leur rôle de conseiller, en les libérant des tâches à faible à valeur ajoutée, ou encore de digitaliser les processus de mobilité interne pour permettre aux salariés d’exprimer leurs attentes en toute confiance, et aider les entreprises à mieux retenir leurs talents.


> Etude Mobilité et formation, menée auprès de 1.743 personnes dont 888 actifs par Skillup, éditeur d’une solution de gestion de la formation en entreprise adossée à la première place de marché d’offre et de formations, et CleverConnect, éditeur de l'outil d’entretien vidéo Visiotalent.

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