Le salaire des non-cadres est en hausse en 2019 : quelles professions en profitent-elles le plus ?

Emploi

ARGENT - La onzième édition du baromètre Randstad consacré aux salaires des non-cadres -"ouvriers non qualifiés", "employés", "ouvriers qualifiés" et "professions intermédiaires"- confirme la bonne dynamique de l'économie française.

Il n’y a pas que pour les cadres que le ciel est dégagé. Les non-cadres (ouvriers, employés et professions intermédiaires) profitent aussi d’une belle dynamique en 2019, avec des progressions de salaire en hausse en moyenne de 1,8%. C’est ce que montre l’étude sur les salaires menée par le cabinet de conseil Randstad. "De telles hausses n’avaient pas été enregistrées depuis 2013. Le salaire moyen s’établit à 1.636 euros, en progression de 29 euros sur une année", indique ainsi le cabinet, qui rappelle que "cette année encore, cette hausse est supérieure à celle du Smic (+1,5% en 2018). Elle était, jusqu’en 2017, strictement corrélée à la revalorisation annuelle du salaire minimum".

Le cabinet avance trois éléments d’explication : comme pour les cadres, qui ont vu leur salaire s’envoler en 2019, les non-cadres bénéficient de la bonne résistance de l’économie française (+1,7% en 2018 et +1,3% prévu en 2019). Joue aussi le fait que certains secteurs, à l’image du BTP et de l’industrie, enregistrent depuis quelques années une activité dynamique. Enfin, la pénurie de compétences continue à se faire sentir et même s’aggrave à mesure que le taux de chômage baisse. Dans ce contexte, les entreprises consentent à des augmentations de salaires pour recruter ou conserver les bons profils dans leurs effectifs. "La pénurie de talents n’est pas un phénomène réservé aux seuls cadres", analyse François Béharel, président du groupe Randstad France.

Lire aussi

Le palmarès des plus fortes hausses de salaires par professions

Salariés de l'industrie ou du commerce... Le palmarès des plus fortes hausses de salaires est assez hétérogène, comme le montre le graphique ci-dessus.

Des évolutions de salaires favorables aux ouvriers

Cette hausse moyenne de 1,8% de la rémunération des non-cadres masque cependant des réalités très différentes. Ce sont ainsi les ouvriers qualifiés qui connaissent les plus fortes hausses de salaire (+2,2%). Les ouvriers non qualifiés, bien qu’affichant le niveau de rémunération le plus modeste, enregistrent la seconde plus forte hausse (+1,7%) et comblent l’écart avec les employés. 

En revanche, les hausses de salaires sont plus mesurées pour les professions intermédiaires (+1,3%) et les employés (+1,2%). Néanmoins, leur situation est bien différente. Les professions intermédiaires continuent d’afficher le plus haut niveau moyen de rémunération des fonctions non-cadres (1.869 euros) et reviennent à une hausse plus modérée après une année 2018 exceptionnelle (+3,6%). Les employés, en revanche, connaissent pour la deuxième année consécutive la hausse de salaire la plus faible pour un salaire moyen de 1.607 euros, 6 euros seulement au-dessus de celui des ouvriers non-qualifiés.

En vidéo

Égalité hommes-femmes : vers une transparence des salaires ?

L'industrie continue de tirer les salaires vers le haut

Pour la troisième année consécutive, c’est le secteur de l’industrie qui affiche la plus forte hausse de salaire moyenne. Avec +2% de croissance, le secteur devance le BTP et les services (+1,6% chacun).

Le BTP reste néanmoins le secteur le plus rémunérateur avec un salaire moyen de 1.724 euros bruts, très nettement supérieur à celui des services et de l’industrie. Cette politique salariale attractive s’explique en raison des difficultés récurrentes de recrutement dans le domaine de la construction. Cette réalité confirme celle que dessinait le baromètre des salaires cadres Expectra 2019, puisque c’est le secteur du BTP qui affiche la plus forte hausse de salaires pour les cadres.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter