"Quand je serai grand, je serai..." : au travail, les rêves d'enfants s'effacent souvent devant le pragmatisme

Emploi

PARADOXE - Une étude menée par le site de recherche d’emploi Indeed montre à quel point, en matière de choix de carrière professionnelle, les salariés français font primer le pragmatisme sur l'idéalisme. Et ce, à tout âge.

Être adulte voudrait-il dire devenir raisonnable ? Pragmatique ? Nécessitant de faire une croix sur ses rêves d’enfants ou de jeunes adultes ? Alors oui, le constat semble un peu déprimant. Mais c’est ce que suggère une étude menée par Indeed, un site de recherche d’emploi, qui relève une belle contradiction : "On observe un clivage net entre des attentes professionnelles propres à chacun d’une part, et des choix de carrière reposant sur des critères pratiques d’autre part."

Rappelez-vous, vos rêves et phrases d’enfants : "Quand je serai grand, je serai vétérinaire dans un zoo/archéologue/astronaute/prof". Si autant de vocations étaient nées en même temps que la phrase prononcée par un enfant, les zoos seraient à coup sûr surpeuplés de vétérinaires et les pyramides, la lune et l'école n'auraient plus de secrets pour personne.

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Du rêve à la pratique

Mais si en théorie, les Français ont de vraies aspirations et de réelles attentes -souvent relatives à l’intérêt, à l’épanouissement et aux valeurs personnelles- vis-à-vis de leur vie professionnelle, les facteurs pragmatiques (comme la proximité géographique et la nécessité alimentaire) prennent donc nettement plus d'importance au moment du choix de carrière. 

S'ils s'accordaient le droit de rêver, les sondés voudraient ainsi un emploi intéressant (88%), adapté à leurs compétences (87%), compatible avec leurs valeurs personnelles (85%) et épanouissant (83%). Rien que de très logique et louable. Sauf que ce qu'ils choisissent ensuite est d’abord, pour 84% d’entre eux, un emploi permettant de répondre à une nécessité alimentaire et un emploi proche géographiquement de leur logement (79%). 

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Ils ont réussi leur reconversion professionnelle : leurs conseils pour éviter les erreurs

Frein même pour la reconversion

Un paradoxe qui se retrouve dans la reconversion professionnelle. De nombreux Français la plébiscitent en théorie. Mais ils refusent de sauter le pas pour des raisons pratiques et matérielles alors que leurs motivations initiales sont souvent inhérentes à leur bien-être professionnel, note l'étude.

Ainsi, les sondés qui envisagent une reconversion professionnelle recherchent d’abord davantage d’épanouissement dans leur emploi (70%) et sont en quête d’un travail plus intéressant que leur précédente expérience (68%). Mais ils sont freinés par la réalité du marché de l’emploi français : la certitude de trouver du travail après reconversion est une condition indispensable pour 90% d'entre eux tandis que 87% ont peur manquer de revenus.

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