Les salariés français sont-ils assez conscients de l'impact du numérique sur leur job dans les années à venir ?

Emploi

FUTUR PROCHE - Une étude Randstad montre que 64% des Français se formeraient au digital s’ils pouvaient reprendre leurs études. Pourtant, dans l'ensemble, ils semblent moins préoccupés par leur avenir à l’ère numérique que leurs voisins.

Les temps changent… et les envies aussi. Avec le recul, ferait-on les mêmes choix de carrière, de job ? C’est un peu la question  posée par le laboratoire de réflexion sur l’emploi du groupe RH Randstad, qui a voulu explorer les rapports… contrastés des Français avec le numérique. Car l’enquête Re.search, menée dans 34 pays, dresse en creux un portrait paradoxal des salariés français dans leur rapport avec le digital : des professionnels qui semblent peu concernés, à titre personnel, par la transformation des métiers induite par le numérique. En revanche, ils sont très conscients de l’enjeu de formation pour les générations qui entrent sur le marché.

Le diagnostic est en effet connu, rappelé par une étude Opinion Way/SBT Human(s) Matter de juin 2018 : les Français sont globalement bien connectés mais disposent peu de compétences digitales. "Logiquement, on aurait pu s’attendre à ce que cette réalité génère un électrochoc et une attente forte des salariés pour une montée en compétence", indique l’étude. "Cela est très relatif."

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Peu inquiets pour eux

Si les Français sont donc moins bien armés en termes de compétences numériques que leurs voisins, à peine 58% d’entre eux pensent que leur employeur devrait investir davantage dans leur montée en compétences via notamment la formation continue… contre 68% en moyenne dans le reste du monde. À titre de comparaison, en Chine, ce taux monte à 88%, et même 89% en Malaisie et 95% en Inde. "Plus passifs, les Français semblent moins préoccupés par leur avenir à l’ère numérique que leurs voisins", indique l’étude.

Mais les salariés ont toutefois conscience de l’importance du numérique dans le monde professionnel à venir. S’ils avaient à nouveau 18 ans et le bac en poche, près des deux tiers (64%) choisiraient un cursus universitaire en lien avec le digital et plus d’un sur deux (54%) privilégierait le domaine des STEM ((Sciences, technologie, ingénierie, mathématiques). "Si les Français apparaissent, probablement à tort, assez peu inquiets pour leur propre avenir professionnel, ils semblent plus lucides sur l’enjeu pour les générations qui se préparent à l’entrée sur le marché du travail." Près des deux tiers d’entre eux (62%) conseilleraient ainsi aux étudiants de s’orienter vers une carrière scientifique.

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Paradoxe numérique

 "La France semble atteinte d’un paradoxe numérique", estime dans un communiqué François Béharel, président de Randstad en France. "Malgré un retard constaté en termes de compétences digitales, les Français sont moins en demande de formation et plus confiants quant à leur avenir. Ils ne sont ainsi que 29% à craindre l’automatisation de leur emploi, contre plus du tiers (34%) chez leurs voisins". 

Dans les faits, les sondés ont conscience de leur déficit de compétences, mais s’inquiètent moins pour eux-mêmes que pour les lycéens, en formation. "Le virage culturel qui s’impose est en train d’être pris, mais uniquement chez les générations les plus jeunes", explique François Béharel. Et pose la question : "Alors que d’après le rapport Dell/Industrie du futur publié en 2017, 85% des métiers exercés en 2030 n’existent pas encore, les Français sont-ils pleinement conscients de la digitalisation inéluctable du marché du travail ? Rien n’est moins sûr".

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