Voici les 5 régions où les cadres franciliens aimeraient travailler... sans vraiment y postuler

Emploi

CONTRADICTION - Plus de 50% des cadres d'Ile-de-Frances rêvent d’ailleurs. Les régions qui les attirent ? Nouvelle-Aquitaine, PACA, Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes et Occitanie. Sauf que dans les faits, bien peu bougent…

C’est un fait : l’Ile-de-France est le premier bassin d’emploi des cadres dans le pays (31% de compétences cadres). Pourtant, ces cadres n’ont jamais eu autant de partir… voir ailleurs si l’herbe est plus verte. 

Selon l’Observatoire de l’emploi cadre de l’Apec, qui s’est penché sur la question, plus de la moitié (58%) des cadres franciliens se dit ainsi prête à quitter la région parisienne en cas de changement de poste dans les trois ans. La perspective semble davantage séduire les jeunes, les cadres sans enfants ou… ceux ayant déjà expérimenté une mobilité géographique hors Ile-de-France. Les Parisiens pure souche seraient-ils difficile à déloger ?

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Prêts à toutes les concessions

Quoi qu’il en soit, ce qui motive d’abord les cadres qui rêvent de nouveaux horizons, c’est la promesse d'un meilleur cadre de vie, pour 7 sondés sur 10. Suivent les possibilités d'emploi dans la région visée et les attaches familiales ou sociales. Et pour atteindre ce rêve, les concessions ne semblent pas être un obstacle : près de trois quart des cadres sont prêts à prendre un poste avec moins de responsabilités et 6 sur 10 à voir leur rémunération baisser.

Et c’est un fait : les régions cherchent à attirer les talents. Certaines souffrent en effet d'un déficit de candidatures. Evidemment, toutes n’ont pas la même attractivité : pour les cadres franciliens, les régions les plus attractives sont la Nouvelle-Aquitaine et Provence-Alpes-Côte d'Azur, avec respectivement 38 % et 31 % des plébiscites. 25% citent également les Pays de la Loire, l'Auvergne-Rhône-Alpes, l'Occitanie et la Bretagne comme des destinations possibles. D’autres régions, en revanche, peinent à attirer : Hauts-de-France, Grand Est, et Bourgogne-Franche-Comté ne comptabilisent que 5 à 10 % des intentions de mobilités. 

A quelques places près, c’est aussi le classement que dresse la 7e édition de l’étude Cadremploi sur les villes préférées des cadres parisiens : Bordeaux domine le classement (54%), Nantes prend la deuxième position (48%), devant Lyon (34%). "Si Paris semble rester un passage prioritaire pour débuter sa carrière, la ville est de plus en plus décriée par ceux désireux de concilier vie pro et vie perso. Le souhait de vivre en région semble s’accélérer", commente Julien Breuilh, directeur des études Cadremploi, dans un communiqué.

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La dure réalité du marché

Alors oui, sur le papier et dans leur tête, les cadres sont donc nombreux à vouloir quitter l’Ile-de-France. Sauf que, nuance l’étude Apec, confrontés à la réalité du marché, ils sont peu nombreux à réellement passer à l’action : parmi les candidats franciliens, seuls 10 % postulent ainsi hors de l'Ile-de-France. Et ceux qui postulent ailleurs ne semblent finalement ne pas s’orienter vers les régions qu’ils jugeaient attractives : ainsi, en 2019, outre l'Ile-de-France, ces cadres ont d'abord candidaté là où les offres sont le plus nombreuses : Auvergne Rhône-Alpes (11 % des recrutements cadres en 2019), Hauts-de-France, 3e en terme de recrutements (ex-aequo avec les régions PACA et Occitanie).

"Malgré une bonne volonté affichée, la mobilité constitue quand même un risque aux yeux des cadres, qui déplorent un marché de l’emploi encore très centralisé", précise l’étude Cadremploi. "Alors que 70% des interrogés ont déjà vécu en région, 35% d’entre eux jugent qu’il y a davantage d’opportunités professionnelles dans la capitale."

Cela fait en tout cas quelques années que les études se succèdent, scrutant cette envie des cadres de quitter Paris. "L’une des particularités de l’agglomération parisienne réside dans la dualité entre Paris et son agglomération", rappelle l’étude de Cadremploi. "Plus d’un cadre francilien sur deux travaille dans la capitale, mais la moitié seulement y vit. Cet écart non négligeable laisse donc présager d’importants temps de trajet quotidiens". Et de fait,  7 répondants sur 10 déclarent passer plus d’une heure par jour dans les transports pour leurs trajets professionnels. 

Et si Paris offre bien des avantages (vie culturelle pour 87% des sondés), accessibilité des services (85%) et des transports (68%) ; la capitale a  aussi de gros inconvénients : coût de la vie (79%), distance avec la nature (61%). Pollution (71%), stress (69%) et embouteillages (67%) sont d’ailleurs les trois termes auxquels les sondés associent la ville. Bref, au final, un cadre sur deux se dit insatisfait de sa vie parisienne (52%).

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